La menace nucléaire croissante de l'Iran

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La menace nucléaire croissante de l'Iran

L’Iran se situe dans une région dangereuse déjà occupée par d’autres puissances nucléaires, la Russie, le Pakistan, l’Inde et Israël. Le chef du « grand Satan », nom donné par les mollahs iraniens au président des États-Unis d’Amérique, un pays qui a déjà envahi deux des voisins de l’Iran (l’Afghanistan et l’Irak) a placé l’Iran sur la liste de ce qu’il a appelé « l’axe du mal ».

Du point de vue iranien, apparemment, ces raisons suffisent pour se procurer son propre armement nucléaire. Néanmoins, les cinq plus grandes puissances nucléaires sont bien décidées à enrayer la prolifération des armes nucléaires pour la simple raison que plus il y a de pays qui en possèdent, plus il y a de chances pour que quelqu’un s’en serve. Le Moyen-Orient, la région la plus dangereuse du monde, n’est guère un endroit pour ce genre d’armements, même si Israël en possède.

L’Iran a fait savoir au monde qu’il ne se laissera pas intimider ; il n’abandonnera pas son programme nucléaire. Pour lui, c’est dorénavant une question de fierté, et il est de plus en plus difficile de se rétracter. Les Iraniens se disent que si les Américains, les Britanniques et les Français ont un armement nucléaire, pourquoi pas eux ?

Parallèlement, les Américains et leurs partenaires en Irak, désenchantés par les erreurs commises en matière d’armes de destruction massive en Irak, semblent enclins pour quelque temps à laisser les Européens appliquer une pression soutenue et croissante sur l’Iran.

La menace iranienne

Dans les années 80, l’attention de l’Occident était tournée vers la menace soviétique et sur les événements en Europe de l’Est. Immédiatement après la chute du communisme, l’Irak envahit le Koweït, et l’on se mit à surveiller le Moyen-Orient, l’Irak de Saddam Hussein devenant semblet- il la menace majeure de l’Occident.

Saddam n’est plus. Quoiqu’il arrive en Irak, il faudra des années avant que l’effet des sanctions, de la longue dictature de Saddam et de la guerre déclenchée par l’invasion de plusieurs pays occidentaux ne se résorbe. L’Afghanistan voisin a souffert pareillement, et il faudra plusieurs années, pour ne pas dire plusieurs décennies, pour que le pays retrouve sa situation de l’avant 1973, année de la révolution qui a renversé la monarchie qui y régnait.

Bien qu’on se soit beaucoup concentré sur ces deux pays occupés à présent par les forces de la coalition, l’Iran, le pays le plus peuplé, a profité de la situation pour faire avancer son programme nucléaire. On pense qu’il a prévu fabriquer plusieurs ogives dans les prochaines années.

Cela risque de représenter un bien plus grave danger pour la paix du monde que ne l’était l’Irak. Sans doute est-ce parce qu’il mesurait ce danger que le président américain, dans son discours à la nation en 2002, a placé l’idéologie iranienne dans la même catégorie que celles de l’Irak et de la Corée du Nord, qualifiant ces pays d›« axe du mal » du fait qu’ils cherchent à se procurer, et sont apparemment disposés à utiliser, des armes de destruction massive.

Ce qui est ironique, c’est que ces qualificatifs, et certains événements subséquents, ont donné au gouvernement iranien un zèle renouvelé pour acquérir des armes nucléaires afin de décourager Washington à envahir son pays comme il l’a fait dans les pays voisins.

Le journaliste du Washington Post Charles Krauthammer demande, sous sa rubrique du 23 juillet dernier intitulée « Avons-nous envahi le mauvais pays ? L’une des leçons à tirer du rapport du 11 septembre, c’est que le vrai danger, c’était l’Iran. Il entretenait des rapports avec al Qaeda, permit à plusieurs des terroristes ayant détourné des avions le 11 septembre de transiter par lui, et il abrite aujourd’hui plusieurs responsables d’al Qaeda ».

La révolution iranienne, lieu de naissance du fondamentalisme islamique moderne

Plus d’un quart de siècle s’est écoulé depuis que la révolution iranienne a renversé la monarchie pro-occidentale qui s’y trouvait. Les forces de l’islamisme fondamentaliste surgirent dans la nation du Golfe Persique, modifiant le cours de l’histoire.

Dans la décennie qui suivit, les Américains aidèrent les forces fondamentalistes à se débarrasser des Soviétiques en Afghanistan. Pendant la même décennie, les États-Unis aidèrent discrètement Saddam Hussein dans sa lutte contre les Iraniens dans l’un des conflits les plus longs et les plus sanguinaires de l’histoire récente.

À l’époque, les Iraniens qui, en 1979 avaient pris d’assaut l’ambassade américaine à Téhéran, et avaient gardé 52 otages prisonniers pendant 444 jours, passaient pour la pire menace pour les intérêts américains. Dans les années 90, avec l’invasion par Saddam du Koweït et la menace pesant sur l’Arabie Saoudite, ce fut au tour de l’Irak de remplir ce rôle.

L’Iran a déjà profité de la situation en Irak et en Afghanistan pour accélérer son programme nucléaire. On pense qu’il sera en mesure de produire plusieurs armes dans les prochaines années, une bien plus grave menace pour la paix mondiale que ne l’était l’Irak.

Puis il y eut le 11 septembre

Le monde se rendit soudain compte de la menace posée par le fondamentalisme islamique, mais ce n’était pas le même genre de fondamentalisme que celui qui avait renversé le Shah. En Iran, c’était la Shia qui avait renversé le trône du paon. Lors des attaques du 11 septembre contre New York et Washington, c’était l’islam wahhabite encore plus militant et plus agressif, une branche de l’islam sunnite prédominant en Arabie Saoudite, qui était à l’oeuvre.

À l’époque des attaques sur le World Trade Center et sur le Pentagone, l’Irak était sous la direction séculière du parti Baas qui gardait l’oeil sur le fondamentalisme. Ce qui est ironique, c’est que la chute de Saddam a permis à al Qaeda d’agir plus librement en Irak et a donné aux fondamentalistes de la Shia la possibilité d’exercer leur propre influence.

L’Irak a plus de chiites que de sunnites, bien que l’élite dirigeante ait toujours été sunnite. Une victoire de la Shia en Irak serait avantageuse pour l’Iran. L’Irak affaibli permet déjà à l’Iran de fortifier ses systèmes de défense pendant que le monde regarde ailleurs.

Des armes et des avions de chasse iraniens ont été découverts en Irak, ajoutant à la confusion. De plus, les responsables iraniens savent que l’opinion publique américaine ne supporterait probablement pas une autre guerre au Moyen-Orient, à supposer que l’Amérique, dont les ressources sont déjà poussées à la limite, puisse encore se permettre de se lancer militairement dans un autre conflit.

La menace de l’Iran à Israël

L’Iran équipé d’armes nucléaires modifie considérablement l’équilibre des forces au Moyen-Orient, et cela, à plusieurs niveaux. Premièrement, il ne représenterait probablement pas une cible pour les États-Unis et leurs Alliés. La supériorité militaire d’Israël au Moyen-Orient s’en verrait modifiée. L’Iran pourrait se servir de ses armes nucléaires contre Israël. Lors d’un défilé militaire à Téhéran, il y a quelques mois, sur des missiles balistiques et des véhicules de lancement, pendaient des guirlandes et des bannières sur lesquelles on pouvait lire : « Écrasons l’Amérique » et « Rayons Israël de la carte ».

Même si l’Iran résistait à la tentation de faire précisément cela, le fait même qu’il possède des armes nucléaires limiterait les choix d’Israël à propos des autres menaces dont il fait l’objet. L’Iran est le parrain principal du Hezbollah « parti de Dieu », l’organisation terroriste sans doute la plus puissante et la plus dangereuse au monde. Avant le 11 septembre, le Hezbollah a tué probablement plus d’occidentaux que n’importe quel groupe terroriste.

La Syrie, elle aussi, soutient le Hezbollah et lui fournit une base pour ses activités dirigées pour la plupart contre Israël. L’Iran équipé d’armes nucléaires découragerait Israël d’organiser des contre-attaques contre la Syrie, ce qui encouragerait les terroristes qui s’y trouvent à exécuter encore plus d’actes de violence contre l’État juif. Il y a plus de 20 ans, ne l’oublions pas, la Syrie et l’Iran ont aidé le Hezbollah à expulser les Américains du Liban, tuant 241 soldats américains avec une voiture piégée lors d’une attaque dans des baraquements militaires américains.

Washington fera-t-il quelque chose ?

Comme l’a précisé Charles Krauthammer dans son article, « Agir est critique » lorsqu’il s’agit de faire face à la menace nucléaire iranienne. Washington a exhorté les Européens à faire quelque chose en ce domaine. Sensible aux critiques des Européens lui reprochant d’agir trop souvent en solo en Irak, l’administration Bush a confié à l’Europe le soin de s’occuper de l’Iran. Or, les trois pays européens impliqués n’ont pas réussi à persuader ce dernier à changer de direction.

Ce qui n’est pas pour arranger la situation, c’est que l’Iran, le 20 octobre 2004, a lancé avec un air de défi un missile amélioré capable de parcourir près de 2000 km, une portée suffisante pour atteindre aisément Israël mais aussi plusieurs installations américaines dans la région et en Irak.

Et Krauthammer d’ajouter : « Il est un fait que les critiques de la guerre n’ont rien à offrir à propos de la question la plus épineuse de notre temps à ces États véreux cherchant à se procurer des armes de destruction massive. Il y a deux ans, il y avait cinq pays soutenant le terrorisme et cherchant à se procurer ce type d’armement… la Libye et la Syrie, et l’équipe de l’axe du mal, Irak, Iran et Corée du Nord. L’administration Bush en a éliminé deux ; l’Irak par une intervention militaire directe ; et la Libye par l’exemple et l’intimidation.

La Syrie est faible, et craint Israël. La Corée du Nord, qui possède dorénavant la bombe, est intouchable. Il reste l’Iran. Que faire ? Il y a seulement deux moyens de mettre fin au programme nucléaire iranien : une révolution venue du bas ou une attaque de ses installations nucléaires.

Le pays devrait être mûr pour une révolution. Le régime est détesté. Mais les mollahs sont très efficaces lorsqu’il s’agit de faire la police. La révolution fort attendue n’arrive pas.

Ce qui rend plus urgente encore la question d’une attaque préventive. L’Iran possédera l’arme nucléaire pendant le prochain terme présidentiel. Un certain nombre d’Américains espèrent que les Israéliens se chargeront de cette sale besogne, comme en 1981, quand ils ont détruit le réacteur nucléaire de Saddam Hussein. Mais pour Israël, attaquer l’Iran, c’est bien plus délicat… et bien improbable. De plus, la technologie en matière de détection anti-aérienne est bien plus sophistiquée qu’il y a 20 ans.

Si l’on ne fait rien, un régime terroriste fanatique se consacrant ouvertement à la destruction du « grand Satan » possédera des armes nucléaires, ainsi que les terroristes et les missiles capables d’aller les faire exploser. Tout ce qui peut empêcher que cela ne se produise, c’est soit une révolution, soit une attaque préventive ».

La Bible indique que le Moyen-Orient sera le théâtre d’événements prophétisés pour le temps de la fin devant mener directement au retour de Jésus-Christ et à l’établissement du Royaume de Dieu. Puisse Dieu hâter ce jour.