Jésus-Christ et le sabbat

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Jésus-Christ et le sabbat

Comment Jésus-Christ considérait-il le sab b a t ? Beaucoup de per- sonnes ne voient que ce qu’elles veulent voir quant à la façon dont Chr i s t c o n s i d é r ait le septième jour. Et cer t a i n s , en se basant sur une mauv a i s e c o m p r é h e n s i o n , c r oient que Jésus-Christ a ignoré ou a tr a n s g ressé déli- bérément le commandement du sabbat .

  Enfait , le sab b a t est mentionné presque cinquante fois dans les q u at r e Év a n g iles (plus que dans l’ensemble des cinq pr e m i e r s li v r es de la Bible !). On y tr o u v e donc un large compte rendu historique de l’attitude du Christ à l’ég a r d du sab b a t. T o u t e fo i s , pour compr e n d r e les récits de l’Év a n gi l e , nous devons pr e n d r e en considération ce qui avait c h a n g é dans l’observance du sab b a t — ou plus exactement ce qui avait été changé — depuis que le sab b a t avait été créé au commencement et par la suite inclus dans les dix commandements.

Le sabbat dans l’histoire

  L ’ o b s e r vance du sab b a t a subi une tr a n s fo rm a tion de grande env erg u r e durant les siècles précédant l’époque du Christ. Dans cette brochure, nous avons vu précédemment comment Dieu avait mis en g a rd e I s r aël de ne pas oublier ses lois et ses œuvres puissantes.

  La triste histoire des anciens Israélites montre qu’ils n’écoutèr e n t pas. F i n a l e m e n t , I s r aël oublia Dieu et la nation se désintégr a , en se di v i — sant pour f o r mer les royaumes séparés d’Israël et de J u d a , avant que l’un et l’autre ne soient emmenés en ca p t i vité par les env a h i s s e u r s assyr i e n s et bab y l o n i e n s , r e s p e c t i vement au VIIIe et VIe siècles av. J . — C .

  La tr a n s g ression du sab b a t de Dieu fut l’un des péchés les plus fla- grants qui conduisirent les Israélites à la ca p t i vité na t i o n a l e . A l o r s même que le royaume de Juda se détér i o r ait à cause des péchés de ses citoy e n s , Dieu ne cessait de donner des av e r tissements par l’inter m é d i a i r e du pro- phète Jérémie : « Ne portez point de f a r deau le jour du sab b a t […] Et ne faites aucun ouvrage ; mais sanctifiez le jour du sab b at , comme je l’ai o r donné à vos pères. […] Mais si vous n’écoutez pas quand je v o u s o r donne de sanctifier le jour du sab b a t […] alors j’allumerai un feu aux p o r tes de la ville, et il dév o re r a les palais de Jérusalem et ne s’éteindra point. » (Jérémie 17 : 2 1 , 2 2 , 2 7 . )

  Après le départ en ca p t i vité d’une grande partie du royaume de J u d a et du prophète Ézéc h i e l , celui-ci écrivit depuis Bab y l o n e , en parlant de la part de Dieu :« Je leur donnai aussi mes sab b a ts comme un signe entre moi et eux, pour qu’ils connaissent que je suis l’Éternel qui les sanctifie […] et ils pr o fa n è r ent à l’excès mes sab b a ts […] et cela parce qu’ils r e j e — t è r ent mes ordonnances et ne sui v i r ent point mes lois,et parce qu’ils pro- f a n è r ent mes sab b a ts […]. » (Ézéchiel 20 : 1 2 , 1 3 , 1 6 . )

  Dieu dit aussi à la nation de Juda : « Ses sacr i fic at e u r s (ceux de la n a tion) violent ma loi et pr o f anent mes sanctuair e s , ils ne distinguent pas ce qui est saint de ce qui est pr o fa n e , ils ne font pas connaître la dif f é — rence entre ce qui est impur et ce qui est pur, ils détournent les yeux de mes sab b at s , et je suis pr o f ané au milieu d’eux. » (Ézéchiel 22 : 2 6 . )

  Plus tard, de nombreux captifs juifs re v i n r ent de Babylone et fur e n t r é t a blis sur leurs anciennes terr e s , cela plusieurs siècles avant l’époque du Christ. Ils sav a i e n t , par les messages de Jérémie et d’Ézéc h i e l , q u e leur nation avait été détruite à cause de leurs tr a n s g ressions de la loi de Dieu ; et la violation du sab b a t avait été l’un de leurs péchés pr i n c i p a u x .

  Une fois la nation rétab l i e , ils décidèrent de ne plus jamais r e c o m — mencer la même f a u t e . De ce f a i t , sur une durée de plusieurs sièc l e s , l e s a u t o r ités r e l i g ieuses juives éla b o r è r ent méticuleusement des règlements qui détaillaient exactement ce qu’ils considéraient être ou ne pas être p e r mis le jour du sab b a t. Ils passèrent d’un extrême à l’autre : de l’igno- rance et du mépris du sab b a t à l’e x i g ence de son observance d’une f a ç o n a c c a blante et lég a l i s t e .

Des règlements supplémentaires pour le sabbat

  The Zondervan Pictorial Bible Dictionary , dans son ar t i c le sur le s a b b at , d é c r it à quel point ces mesures étaient dev e n ues extrêmes au temps du Christ. Le code r e l i g ieux concernant le sab b a t cite « tr e n t e — n e u f c at é go r ies principales d’actions interdites : s e m e r , l ab o u re r , m o i s s o n n e r , m e t t r e en g e r b e s , b at t r e le gr a i n , v a n n e r , n e t t o y e r , m o u d r e, t a m i s e r , p é t ri r ,f a i r e cuire […] Chacune de ces pr o mu l g ations principales était dis- cutée et élaborée dav a n t a ge, pour qu’il y ait, en f a i t , p l u s i e u r s centaines de choses qu’un Juif consciencieux, fidèle à la loi, ne puisse f a i r e le jour du sab b a t. Par ex e m p l e , l ’ i n t e r diction de f a i r e un nœud était trop géné- r a l e , aussi devint-il nécessaire de déc l a r er quels nœuds étaient inter d i t s et lesquels ne l’étaient pas. En conséquence, il fut établi que les nœuds p e r mis étaient ceux qui pouvaient être défaits d’une seule main […]

  « L ’ i n t e r diction r e l at i ve au fait d’écr i r e le jour du sab b a t était plus amplement décrite comme suit : “ Celui qui écrit deux lettres avec sa main droite ou sa main g a u ch e , que ce soit une seule sorte (de lettr e s ) ou deux sortes dif f é re n t e s , […] est coupab l e . Ég a l e m e n t , celui qui écr i t sur deux m u r s qui f o r ment un angle, ou sur les deux tablettes de son l iv r e de comptes, p o u v ant être lus sim u l t a n é m e n t , est coupable […]” » .

Définition du travail

  La définition des autorités r e l i g ieuses à propos du « travail » qui p o u v ait violer le commandement du sab b a t était largement dif f é r ente de n ’ i m p o r te quelle autre définition du travail. Par ex e m p l e , l ab o u r er était une ca t é go r ie de travail inter d i t , et peu de gens contesteraient que la b o u — rer est un travail diff i c i l e . T o u t e fo i s , selon l’opinion rabbinique du premier sièc l e , l ’ i n t e r diction de la b o u r er pouvait être violée en cr a ch a n t simplement sur le sol. Le cr a ch a t pouvait dér a n g er le sol, ce qui était, aux yeux des rab b i n s , une f o r me de la b o u r age ! Les femmes n’av a i e n t pas le droit de se reg a r der dans un miroir le jour du sab b at , car elles a u r aient pu voir un c h e veu blanc et l’arr a ch e r , ce qui aurait constitué un t r avail.

  P o r ter des c h a u s s u r es cloutées le jour du sab b a t était inter d i t , car le fait d’avoir des clous signifi a i t , t o u j o u r s selon ces autorités r e l i gi e u s e s , p o r ter un f a r deau in u t i l e . Même marcher sur l’herbe n’était pas per m i s , car l’herbe pouvait être couchée et coupée, ce qui équivalait à ba t t r e, l’un des travaux interdits.

  Les dir i g eants r e l i g ieux enseignaient que les habitants d’une maison qui prenait feu le jour du sab b a t ne pouvaient pas sortir leurs vête- ments pour les sauver des fl a m m e s , car c’était porter un f a r deau. Ce p e n — d a n t , il leur était permis de revêtir toutes les couches possibles de vête- ments et ainsi les sortir en les portant ; ceci était acce p t a b l e .

  C’est dans cette a t m o s p h è r e r e l i g ieuse tendue, e x c e s s i vement cri- tique que Jésus-Christ est v e n u enseigner et prêc h e r . A u j o u rd ’ h u i , d ’ a près ce contexte histor i q u e , beaucoup de personnes tirent de f a u s s e s c o n c lusions sur la façon dont Jésus considérait le sab b at .

  Les auteurs des récits de l’Év a n g ile rapportent de nombr e u s e s c o n f ro n t a tions à propos du sab b at , e n t r e Jésus et les dir i g eants r e l i gi e u x de son époque. Les guérisons que Jésus opérait le jour du sab b a t et ses enseignements sur l’observance du sab b a t provoquaient de fréquentes c o n t r ov e r ses. Un bref aperçu du récit biblique des actions de Jésus et de ses enseignements nous aidera à comprendre comment le Christ considérait le sabbat. Les érudits sont généralement d’accord sur le fait que les Évangiles de Matthieu , Marc et Luc ont été écrits au premier sièc l e , dans la période des années 50 à 70, e nv i r on vingt à quarante ans a p r è s que les événements ra p p o r tés eurent lieu. Si Jésus-Christ avait eu l’in- tention de c h a n ge r , d ’ a bolir ou d’annuler le sab b at , cette intention ser a i t évidente dans les récits historiques de sa vie, r e l a tée par les auteurs de l ’Evangile . Comme nous le verrons , il n’y a tout simplement aucune évidence qui confirme ce point de vue.

Jésus prêche le jour du sabbat (Luc 4 : 16-30)

  La pr e m i è r e référence où mention est faite du sab b a t dans la vie de J é s u s — C h r ist est Luc 4 : 16 : « Il (Jésus) se rendit à Nazar e t h , où il av a i t été éle v é , e t , selon sa coutume, il entra dans la synagogue le jour du sab- b a t. Il se leva pour f a i r e la lecture. »

  Cette pr e m i è r e mention du sab b a t dans l’Év a n gi l e , au tout début du m i n i s t è r e du Chr i s t , nous montre que la coutume de Jésus — son acti- vité normale — était d’aller à « la synagogue le jour du sab b a t ». Ce n’était pas un fait isolé ; plus tard, il a continué ainsi à enseigner dans la s y n a gogue le jour du sab b a t (Marc 6 : 2 ; Luc 13 : 1 0 ) .

  C o n t i n uons le récit de Luc : « Il se leva pour f a i r e la lecture, et on lui remit le li v r e du prophète Ésaïe. L ’ a yant dér o u l é , il tr o u v a l’endr o i t où il était écrit : L ’ E s p r it du Seigneur est sur moi, p a r ce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres ; il m’a envoyé pour gué- rir ceux qui ont le cœur br i s é , pour pr o c lamer aux captifs la déli v ra n c e , et aux aveugles le r e c o u v r ement de la vue,pour r e n voyer libres les oppri- m é s , pour publier une année de grâce du Seigneur. Ensuite, il roula le l iv r e […] A l o r s il commença à leur dire :A u j o u r d’hui cette parole de l’É- c ri t u r e, que vous venez d’entendre, est accomplie. » (Luc 4 : 1 7 — 2 1 . )

  Jésus citait Ésaïe 61 : 1 — 2 , que ceux présents dans la synago g u e r e c o n nu r ent comme étant une prophétie des temps messianiques. En disant : « A u j o u r d’hui cette parole de l’Écr i t u r e, que vous venez d’en- t e n d r e, est accomplie », Jésus aff i r mait être en train d’accomplir cette p r ophétie ; il se pr o c lamait le Messie attendu. Jésus continua en compa- rant son ministère à celui des prophètes Élie et Élisée. Ses auditeur s , c o m p r enant très bien ce que Jésus voulait dire, e s s ay è r ent immédia t e — ment de le tuer à cause de cette aff i rm at i o n , mais il leur éc h ap p a ( L u c 4 : 23-30).

  C’est ici la pr e m i è r e mention du sab b a t lors de son ministère. Ce j o u r- l à , J é s u s — C h r ist pr o c lama pour la pr e m i è r e fois qu’il était le Messie p r ophétisé — introduisant ainsi sa mission de Sauveur de toute l’huma- nité. C’était un événement signifi c at i f . Nazareth était l’endroit où il av a i t grandi. En ce jour de sab b at , les gens de Nazareth furent les pr e m i e r s à e n t e n d r e qu’il était le Messie. Il leur montrait l’espoir de son règne à venir : l ’ É va n gi l e , ou la bonne nouv e l l e , à la fois dans son accomplisse- ment présent et futur.

Jésus fait des guérisons et chasse des démons le jour du sabbat (Luc 4 : 31-39)

  Jésus commença immédiatement à se servir du sab b a t pour pr o cl a — mer la v e n ue du royaume de Dieu et pour manifester son pouvoir mira- culeux de Messie. « Il descendit à Ca p e rn a ü m , ville de la Galilée ; et il e n s e i g n a i t , le jour du sab b a t. On était frappé de sa doctrine ; car il par- lait avec autorité. » (Luc 4 : 3 1 — 3 2 . )

  E n s u i t e , Jésus ordonna à un démon de sortir d’un homme, et ceux qui étaient dans la synago g u e , « tous furent saisis de stupeur et ils se disaient les uns aux autres : Quelle est cette parole ? Il commande av e c a u t o r ité et puissance aux esprits impur s , et ils sortent ! » (v e r sets 33-36).

  Puis Jésus alla chez Pierre, et il guérit d’une fi è v r e la belle-mère de P i e r re. F i n a l e m e n t , a l o r s que le jour du sab b a t tirait à sa fi n , « tous ceux qui avaient des malades atteints de div e r ses maladies les lui amenèr e n t . Il imposa les mains à chacun d’eux, et il les guérit. Des démons aussi s o rt i r ent de beaucoup de per s o n n e s , en criant et en disant : Tu es le F i l s de Dieu. Mais il les menaçait et ne leur permettait pas de par l e r , p a rc e qu’ils savaient qu’il était le Christ » (v e r sets 38-41).

  En tant que Sauv e u r , Jésus comprenait le but du sab b at , il compre- nait que c’était un temps parfaitement a p p ro p r ié pour a p p o r ter à l’hu- manité son message de guér i s o n , d’espoir et de rédemption, et pour v iv r e ce message par ses actions. Même les démons r e c o n n a i s s a i e n t qu’il était le Messie prophétisé (Messie est la signifi c a tion de « Christ », Jean 1 : 41). Jésus utilisait le sab b a t pour orienter les gens v e r s lui, l e G u é r isseur et le Sauveur de l’humanité.

  Jésus confronte les pharisiens à propos de certaines actions de ses dis- ciples le jour du sab b a t (Matthieu 12 : 1-8 ; Marc 2 : 23-28 ; Luc 6 : 1 — 5 ) .

  Les passages de Matthieu 12, M a r c 2 et Luc 6 sont interprétés de façon à sous-entendre que Jésus tr a n s g ressa le commandement du sab- b a t. Mais voyons ce qui se passa réellement. D’après le récit de Marc, « il arriv a , un jour de sab b at , que Jésus trav e r sa des champs de blé. Ses d i s c i p l e s , chemin f a i s a n t , se mirent à arr a c her des épis. Les phar i s i e n s lui dirent : Voici , pour quoi font-ils ce qui n’est pas permis pendant le sabbat ? » (Marc 2 : 2 3 — 2 4 ) .

  Les pharisiens représentaient une br a n c he e x c e s s i vement stricte du judaïsme et avaient une autorité r e l i g ieuse considérable au temps du C h r ist. Ils étaient extrémistes dans leur inter p r é t a tion de ce qui était per- mis le jour du sab b a t. Leur question pouvait laisser supposer que les dis- ciples travaillaient dur pour récolter du grain le jour du sab b a t et qu’ils f u r ent a p o s t r ophés par les pharisiens pour avoir tr a n s g ressé ce jour. Le récit de Luc montre c l a i r ement ce que faisaient les disciples : « Il arriv a , un jour de sab b a t […], que Jésus trav e r sait des champs de blé. Ses dis- ciples arr a c haient des épis et les mang e a i e n t , après les avoir fr o i s s é s dans leurs mains. » (Luc 6 :1.) Ils faisaient cela parce qu’ils avaient f a i m ( M a tthieu 12 : 1 ) , et non parce qu’ils moissonnaient le c h a m p .

Pas une violation du commandement du sabbat

  Leurs actions étaient parfaitement acce p t a bles selon les lois que Dieu avait données à la nation d’Israël. En f a i t , Dieu avait e x p re s s é m e n t donné la permission de cueillir des poignées de grain dans le champ de quelqu’un d’autre (Deutéronome 23 : 25). Dieu avait même dit à son peuple de laisser des parties de champs non moissonnées, a fi n que les p a u v r es et les voyag e u r s puissent manger ce qui restait (Lévitique 19 : 9-10 ; 23 : 2 2 ) .

  Les disciples marchaient dans le c h a m p , et en marchant ils cueillaient des épis,les froissaient dans leurs mains pour enlever la balle, et mangeaient les grains. Les phar i s i e n s ,p a r mi les plus stricts dans leurs règlements sur le sab b at , c o n s i d é r aient que les actions des disciples étaient celles de « moissonner » et « ba t t r e » ; ces deux choses f a i s a i e n t p a r tie des trente-neuf ca t é go r ies de travaux interdits ce jour-là. Bien que ces actions ne violaient pas le commandement du sab b a t de Dieu, e l l e s violaient les règlements humains des pharisiens. Les pharisiens estimaient que les disciples faisaient « ce qui n’est pas permis pendant le s a b b a t » et les critiquaient à cause de cela.

La loi tient compte de la miséricorde

  Jésus a fait r e m a r quer que le roi David et ses hommes aff a m é s ,a l o r s qu’ils fuyaient les armées du roi Saül, r e ç u r ent du pain que seuls les s a c ri fic at e u r s avaient normalement le droit de manger ; toutefois ils f u r ent innocents aux yeux de Dieu (Marc 2 : 25-26). Il a également f a i t r e m a r quer que même les sacr i fic at e u rs , dans leur service du temple de D i e u ,t r availlaient le jour du sab b a t en conduisant les services du culte et en faisant les sacr i fic e s , mais Dieu ne les considérait pas coupables (Matthieu 12 : 5).

  Dans ces deux exemples ,l ’ e s p r it et l’intention de la loi ne furent pas transgressés ; et Dieu a spécialement autorisé ces deux actions pour un plus grand bien, selon les paroles mêmes du Christ. Celui-ci a mis l’accent sur le fait que la loi de Dieu tient compte de la miséricorde , et que les pharisiens avaient vraiment tort de mettre leurs règlements sévères et humains au-dessus de tout, y compris au-dessus de la miséricorde.

  Jésus a montré que, à cause de leur point de vue déf o rm é , les pharisiens avaient en fait dénaturé les choses. « Le sabbat a été fait pour l’homme ,et non l’homme pour le sab b a t »,a-t-il affirmé. À cause de leur point de vue étroit et légaliste sur le sab b at , le septième jour de la semaine était dev e n u une épr e u v e pesante avec des centaines de règles et de règlements concernant ce qui était permis ce jour-là et ce qui ne l’était pas.

  Toutefois , Jésus a mis en évidence le but réel de ce jour, prévu dès son or i gi n e , à savoir que Dieu a créé ce jour pour être une bénédiction, un vér i t a ble temps de repos de nos activités habituelles , plutôt qu’un f a r — deau démesuré. Il devait être un temps de réjouissance,pas d’endur a n c e . De plus, Jésus a aff i r mé que le sab b a t a été créé pour toute l’humanité, pas seulement pour la nation d’Israël.

  L’enseignement de Jésus dans ces v e r sets est ainsi résumé au mot « Sabbath» , dans The Anchor Bible Dictionary , Volume 5, édité par David Nil Fermant , p a ges 855 et 856 : « P a r fo i s , on interprète que Jésus a aboli ou suspendu le commandement du sab b at , en se basant sur les c o n t r ov e r ses provoquées par les guérisons faites le jour du sab b at , ou par d ’ a u t r es actions. Une analyse soigneuse des passages respectifs ne donne pas crédit à cette inter p r é t a tion. L’action des disciples, cueillir des épis de blé le jour du sab b at , est par t i c u l i è r ement importante concer n a n t cette question. Jésus fait une déclaration fondamentale […] : “Le sab b a t a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sab b at . ” ( M a r c 2 : 2 7 . ) L’action des disciples de cueillir du blé enfreignait la halakhah rabbinique de la casuistique minutieuse où il était interdit de moissonner, d e b at t r e le b l é , de v a n n e r , et de moudre le jour du sab b a t. «

  […] Jésus réf o r me le sab b a t en le r e s t a u r ant à la juste place qu’il doit tenir dans la création où il a été établi pour toute l’humanité, et non pas spécialement pour Israël comme le pr o c lame le judaïsme nor m at i f […] Lors de la créa t i o n , c’était la volonté de Dieu que le sab b a t ait pour but d’a p p o r ter la bénédiction et de servir l’humanité par le repos. »

  Dans cet ex e m p l e , nous voyons que Jésus-Christ comprenait et expliquait la vér i t a ble intention du sab b a t : à sav o i r , qu’il a été créé pour ê t r e un jour de repos des occupations ha b i t u e l l e s , une bénédiction et un b i e n f ait pour tous les hommes.

Une autre guérison pendant le sabbat (Matthieu 12 : 9-14 ; M a r c 3 : 1-6 ; Luc 6 : 6-11)

  I m m é d i a tement après cette controv e r se avec les phar i s i e n s ,s o u l ev é e par le fait que les disciples avaient cueilli du blé le jour du sab b at , l e s récits de l’Év a n g ile ra p p o r tent que Jésus se tr o u v a confronté de nouv e a u à ce qui était légalement permis le jour du sab b at , et ce qui ne l’était pas. Les règlements des pharisiens allaient jusqu’à inter d i r e d’a p p o r ter de l’aide à un malade le jour du sab b at , sauf si la vie de la personne était menacée !

  Dans la synago g u e , un jour de sab b at , Jésus r e n c o n t r a un homme qui avait la main desséchée et a t r ophiée :un lourd handica p , mais qui ne mettait pas la vie de l’homme en dang e r . « Lèv e — t o i , là au milieu », d i t Jésus à l’homme (Marc 3 :3). Jésus, en colère et affligé de voir que ceux qui l’observaient avaient l’esprit insensible et endur c i , et qu’ils ne pou- vaient saisir l’intention la plus fondamentale de la loi de Dieu, l e u r demanda : « Est-il per m i s , le jour du sab b at , de f a i r e du bien ou de f a i r e du mal, de sauver une personne ou de la tuer ? »

  I n c ap a bles de répondre, ou ne voulant pas le f a i r e, ils g a rd è r ent le s i l e n c e . Devant la synagogue entière, Jésus guérit la main de l’homme : « et sa main fut guérie ». Loin de se réjouir de cette bénédiction accor- dée à l’homme, « les pharisiens sor t i re n t , et aussitôt ils se consultèr e n t avec les hérodiens sur les moyens de le f a i r e périr » (v e r sets 4-6).

  Au lieu d’a p p re n d r e une leçon spirituelle pr i m o rd i a l e , c o n c e r nant à la fois l’intention et le but du sab b a t et du ministère de Jésus-Chr i s t , l e s p h a r isiens étaient furieux contre Jésus qui ignorait leurs dir e c t i v e s s t r ictes. Au lieu de compr e n d r e le message de misér i c o r de et de com- p a s s i o n , ils conspiraient pour tuer le Messag e r .

  Loin d’annuler le sab b at , Jésus a démontré que le sab b a t est le moment a p p ro p r ié pour donner aide et réconf o r t à ceux qui en ont besoin. Le commandement du sab b a t n’instruisait pas les gens sur ce qu’ils devaient f a i r e ce jour — l à , mais seulement sur ce qu’ils ne dev a i e n t pas f a i r e. Jésus a mis en évidence ce qui est acce p t a ble pour Dieu : « Il est donc permis (dans les limites de la loi de Dieu) de f a i r e du bien les j o u r s de sab b a t », a-t-il déclaré (Matthieu 12 : 12).

  Le légalisme pharisien était allé bien au-delà du commandement d i vin disant de ne pas trav a i l l e r , et il avait créé une m y r iade de règles r e s t r eignant les bases mêmes de l’activité humaine — ce que Dieu n ’ a vait jamais voulu. T o u t e fo i s , même les règlements des pharisiens per- mettaient des cas d’urg e n c e , comme r e t i r er une brebis d’une fosse le jour du sab b a t (v e r set 11). Jésus a déclaré que le sab b a t est un jour où l’on peut et où l’on doit f a i r e du bien.

  C e r tains opposants à l’observance du sab b a t considèrent la déc l a r a- tion du Chr i s t , disant qu’il est « permis de f a i r e du bien les jours de sab- b a t », comme mettant fin à toute distinction de jours pour le repos ou pour d’autres buts r e l i g ieux. Ce p e n d a n t , c o n cl u r e que Jésus a annulé le c a ra c t è r e unique du sab b a t en enseignant qu’il est permis de f a i r e du bien ce jour — l à , nous amène à supposer qu’à l’or i gi n e , il n’était pas permis de f a i r e du bien ce jour-là. Ce n’est évidemment pas le cas. Comme l’a souvent dit Jésus, quand il réprimandait ceux qui le cr i t i q u a i e n t , f a i r e du bien est par t i c u l i è r ement permis le jour du sab b a t (Matthieu 12 : 1 2 ; M a r c 3 : 4 ; Luc 6 : 9). Le sab b a t est un jour donné par Dieu pour le repos et l’observance r e l i gi e u s e , mais il n’e x c lut pas de f a i r e du bien.

  Les actes de guérison de Jésus, le jour du sab b at , p r é fig u r aient éga- lement quelque chose de plus grand : les guérisons miraculeuses encore à venir dans les temps messianiques. Ésaïe a prophétisé cette époque : « A l o r s s’ouvr i r ont les yeux des av e u g l e s , s ’ o u v ri r ont les oreilles des s o u r ds ; alors le boiteux sautera comme un cerf, et la langue du m u e t é cl at e r a de joie. » (Ésaïe 35 : 5 — 6 . )

  Les actions du Sauveur le jour du sab b a t sont un rappel de ce temps de paix, de r e s t a u r ation et de guérison pour toute l’humanité, dans un temps à v e n i r .

Jésus guérit une femme infirme le jour du sabbat (Luc 13 : 10-17)

  Luc ra p p o r te un autre incident surv e n u lors d’une guérison faite par Jésus à la synago g u e , le jour du sab b a t. Il guérit une personne a t t e i n t e d’une maladie c h ro n i q u e , « une femme possédée d’un esprit qui la r e n — dait infirme depuis dix-huit ans ; elle était courbée, et ne pouvait pas du tout se r e d r esser » (Luc 13 :11). Lui disant de s’a p p ro ch e r , il lui imposa les mains, et « à l’instant elle se r e d re s s a , et glor i fi a Dieu » (v e r sets 12- 1 3 ) .

  S a c hant que Jésus venait tout juste de violer l’interdiction étroite et r e s t ri c t i ve d’a p p o r ter de l’aide à une personne malade, à moins que sa vie ne soit menacée, la foule attendait de voir ce qui allait arriv e r . Les gens n’eurent pas longtemps à a t t e n d r e. « Mais le chef de la synago g u e , indigné de ce que Jésus avait opéré cette guérison un jour de sab b at , d i t à la foule : Il y a six jours pour travailler ; venez donc vous f a i r e guér i r ces jour s — l à , et non pas le jour du sab b a t. » (V e r set 14.)

  J é s u s — C h r ist n’était pas d’accord avec cette a t t i t u d e . « Hypocrites ! lui répondit le Seigneur, est-ce que chacun de v o u s , le jour du sab b at , n e d é t a c he pas de la crèche son bœuf ou son âne, pour le mener boire ? Et cette f e m m e , qui est une fille d’Abr a h a m , et que Satan tenait liée de p u i s dix-huit ans, ne fallait-il pas la déli v r er de cette chaîne le jour du s a b b a t ? Tandis qu’il parlait ainsi, tous ses adv e rs a i r es étaient confus, e t la foule se réjouissait de toutes les choses glorieuses qu’il faisait. » (V e r — sets 15-17.)

  Jésus a souligné ici que le sab b a t représente un temps de libéra t i o n , de déli v r ance de l’esc l a vage. Il nous aide ainsi à compr e n d r e l’intention de Dieu quant à l’observance du sab b a t. Même les règlements stricts des p h a r isiens permettaient de nourrir et d’a b re u v er les animaux le jour du s a b b a t. Si pr e n d r e soin des besoins fondamentaux de la vie des animaux ne tr a n s g resse pas le qua t r ième commandement, a l o rs , combien une g u é r ison le jour du sab b a t ne représente-t-elle pas une plus gr a n d e « l i b é r ation » !

  L ’ e xemple de Jésus nous rappelle que le sab b a t est un temps oppor- tun pour r e n d r e visite aux malades et aux personnes âgées, en les aidant à célébrer ce jour comme un temps de liberté. Comme Jésus l’a pro- clamé auparav a n t , il est v e n u « pour pr o c lamer aux captifs la déli v ra n c e , […] pour r e n voyer libres les opprimés » (Luc 4 : 1 8 ) , faisant ainsi réfé- rence à la liberté glor i e u s e ,à la déli v r ance de l’esc l a vage spir i t u e l , ce qui s e r a une car a c t é r istique de son règne futur en tant que Messie.

Jésus guérit un homme le jour du sabbat (Luc 14 : 1-6)

  Le passage suivant où il est fait mention du sab b a t lors du ministère du Christ se tr o u v e dans Luc 14. Cette f o i s — c i , l’incident n’eut pas lieu dans la synago g u e , mais chez un pharisien éminent, chez qui Jésus était allé par t a ger un repas le jour du sab b at .

  Un homme ayant un pr o b lème c h r onique de santé se présenta d e vant lui. « Est-il per m i s , ou non, de f a i r e une guérison le jour du sab- b a t ? », demanda ostensiblement Jésus aux docteurs et aux phar i s i e n s . P e r sonne ne répondit. Jésus guérit l’homme, qui laissa pr o m p t e m e n t l ’ a s s e m b lée où régnait une a t m o s p h è r e de malaise (v e r sets 2-4).

  « Lequel de v o u s , si son fils ou son bœuf tombe dans un puits, n e l’en r e t i re r a pas aussitôt, le jour du sab b a t ? », demanda Jésus.

  Ils ne purent lui répondre (v e r sets 5-6). Les enseignants r e l i gi e u x juifs avaient débattu de telles questions pendant des années, et eux- mêmes reconnaissaient que le commandement de se reposer ne per m e t — tait pas d’ignorer les situations d’urgence dans lesquelles la vie était en j e u .

  Jésus estimait que, l o r squ’une occasion de soulager la souf f r ance se p r é s e n t a i t , cette opportunité devait être saisie. Le commandement de Dieu sur le sab b a t n’a jamais eu pour intention d’inter d i r e de f a i r e du bien ce jour-là. Jésus connaissait bien le cœur et le fondement de la loi de Dieu : « Tu aimeras ton pr o c hain comme toi-même. » (Lévi- t i q u e 1 9 : 18.) Jacques et Paul comprenaient tous deux que l’amour était l’intention et l’accomplissement de la loi de Dieu (Jacques 2 : 8 ; G a l at e s 5 : 1 4 ) .

  L ’ e xemple de Jésus montre que chaque jour doit être vécu selon l ’ e s p r it et le but de la loi de Dieu, qui est amour.

Jésus guérit un homme invalide le jour du sabbat (Jean 5 : 1-18)

  Jean 5 ajoute une dimension supplémentaire aux activités du Chr i s t le jour du sab b at , en ra p p o r tant une guérison qui a eu lieu ce jour-là et qui n’est pas mentionnée dans les autres Év a n g iles. Dans cet ex e m p l e , nous voyons Jésus guérir un homme invalide depuis trente-huit ans. « L è ve — t o i , lui dit Jésus, p r ends ton lit, et marc h e . » (Jean 5 : 8 . )

  L ’ h o m m e , instantanément guér i , p r it le lit sur lequel il était couc h é et s’en alla ; mais il fut accusé par d’autres Juifs de porter son lit. « C’est le sab b a t ; il ne t’est pas permis d’emporter ton lit », le prévinr e n t — i l s ( ve r set 10). « Celui qui m’a guéri m’a dit : P r ends ton lit, et marche », r é p o n d i t — i l .

  Après avoir compris que c’était Jésus qui avait accompli la guér i s o n et dit à l’homme de porter son lit, ils « pour s u i vaient Jésus, p a r ce qu’il faisait ces choses le jour du sab b a t » (v e r set 16). Leur façon de considé- rer le sab b a t était si déf o r mée qu’ils accordaient plus d’attention à leurs règles mesquines à propos de ce qu’il ne fallait pas porter le jour du sab- b at , plutôt que de r e c o n n a î t r e la merveilleuse guérison d’un homme a f fligé pendant trente-huit ans !

  La réponse de Jésus à ses accusa t e u r s lui re p ro c hant d’avoir tr a n s — gressé le sab b a t attisa leur colère. « Mon Père agit jusqu’à présent ; moi a u s s i , j ’ a gis », leur dit-il. « À cause de cela, les Juifs c h e r chaient encore plus à le f a i r e mour i r , non seulement parce qu’il violait le sab b at , m a i s p a r ce qu’il appelait Dieu son pr o p r e Père, se faisant lui-même égal à Dieu. » (V e r sets 17-18.)

  Ce qu’il avait tr a n s g ressé n’était pas le commandement du sab b a t de D i e u , mais les règlements r e s t r ictifs des phar i s i e n s , c o n c e r nant ce qu’ils pensaient être permis le jour du sab b a t. Jésus-Christ ne pouvait pas av o i r t ra n s g ressé le sab b at , puisqu’il avait auparavant prononcé une malédic- tion sur « celui […] qui suppr i m e r a l’un de ces plus petits commande- m e n t s , et qui enseignera aux hommes à f a i r e de même » ( M at t h i e u 5 : 1 9 ) .

  Mais que voulait dire le Christ par ses paroles : « Mon Père agit jus- qu’à présent ; moi aussi, j ’ a gis » ? The Life Application Bible c o m m e n t e ainsi ce v e r set : « Si Dieu avait arrêté tout travail le jour du sab b at , l a n at u r e aurait sombré dans le c h a o s , et le péché aurait envahi le monde. Genèse 2 : 2 dit que Dieu s’est reposé le septième jour,mais cela ne peut s i g n i fi er qu’il a cessé de f a i r e le bien. Jésus voulait enseigner que lor s q u e l’occasion de f a i r e le bien se présente, il ne faut pas l’ignor e r , même le jour du sab b a t. »

  Dieu a fait du sab b a t un jour de repos pour l’humanité , pas pour lui-même. Le septième jour, il s’est reposé de son œuvre de création du m o n d e , pour nous montrer que nous devons aussi nous reposer de notre t r avail habituel. Mais il est un certain travail que Dieu accomplit sans r e l â ch e . Nuit et jour, s e pt jours par semaine,il travaille pour amener l’hu- manité à entrer dans son roy a u m e . Il œuvre pour aider les gens à cr o î t r e s p i r ituellement le jour du sab b a t. Il travaille constamment pour créer des r e l a tions étr o i t e s , p e r sonnelles avec son peuple. Selon les récits de l’É- v a n gi l e , Jésus guérissait plus de gens le jour du sab b a t que lors de n’im- p o r te quel autre jour. Il enseignait et prêchait le jour du sab b a t.

  En agissant ainsi, p é c hait-il ? Non. Ses activités faisaient partie de l ’ œ u v r e de Dieu, pour aider les gens à compr e n d r e et à entrer fi n a l e m e n t dans le royaume de Dieu ; et cela était parfaitement acce p t a ble pour D i e u .

La circoncision et le sabbat (Jean 7 : 21-24)

  Dans Jean 7 : 2 4 , Jésus a résumé ce qui aurait dû être évident pour ceux qui critiquaient ses guérisons le jour du sab b a t : « Ne jugez pas selon l’a p p a re n c e , mais jugez selon la justice. » Le point de vue étroit et i n t o l é r ant des pharisiens mettait l’accent sur l’a p p a re n c e , plus que sur toute autre c h o s e . Jésus leur re p ro c hait d’insister sur les choses phy- s i q u e s , a l o r s qu’ils négligeaient des questions impor t a n t e s , telles que la j u s t i c e , la misér i c o r de et la foi (Matthieu 23 : 2 3 ) .

  Pour illustrer les points de vue extrémistes des phar i s i e n s , Jésus uti- lisa l’exemple de la circoncision. Il fit r e m a r quer que la cir c o n c i s i o n , u n signe de l’alliance entre Dieu et la nation d’Isr a ë l , p o u v ait être réalisée le jour du sab b a t sans pour autant le tr a n s g r e s s e r . Et si cette modifi c a — tion de l’une des 248 parties du corps (selon le calcul juif) pouvait être faite le jour du sab b at , il argumenta :« P o u r quoi vous irr i t e z — v ous contre moi de ce que j’ai guéri un homme tout entier le jour du sab b a t ? » ( Je a n 7 : 2 2 — 2 3 . )

  Leur inconsistance en permettant le rituel de la cir c o n c i s i o n , a l o r s qu’ils annulaient la misér i c o r de env e r s ceux qui avaient besoin d’être g u é ri s , était un mépris cynique de l’intention de la loi de Dieu. « Ne j u g ez pas selon l’a p p a re n c e , mais jugez selon la justice », fut la mise en g a r de de Jésus à l’ég a r d de ses détr a c t e u r s (v e r set 24).

  Au lieu de soutenir la loi de Dieu par les règles et les règlements qu’ils y avaient ajoutés, les Juifs avaient une vue déf o r mée des com- mandements de Dieu. Ils étaient en fait amenés à tr a n s g resser la loi, selon Jésus (Matthieu 23 : 3 , 28 ; Marc 7 : 6-9). « Et nul de vous n’ob- s e r ve la loi », leur dit-il (Jean 7 : 1 9 ) , en leur re p ro c hant leur inter p r é t a — tion faussée de la loi de Dieu. Ils n’observaient pas la loi corr e c t e m e n t , mais Jésus en a restauré la bonne compréhension et la bonne pra t i q u e .

Jésus guérit un homme aveugle le jour du sabbat (Jean 9 : 1-34)

  Jésus utilisa l’incident de la guérison d’un aveugle le jour du sab b a t pour pr o cl a m e r , par deux f o i s , sa qualité de Messie. Il parla à ses disciples et dit : « Il faut que je f a s s e , tandis qu’il est jour, les œuvres de celui qui m’a envoyé […] Pendant que je suis dans le monde, je suis la l u m i è r e du monde. » (Jean 9 : 4-5). Puis il guérit l’homme de sa cécité.

  Les pharisiens ra t t r a p è r ent l’homme qui venait d’être guér i , l ’ i n t e r — ro g è r ent et l’intimidèrent. « Cet homme (Jésus) ne vient pas de Dieu, c a r il n’observe pas le sab b a t », fut leur argument (v e r set 16). L ’ h o m m e répliqua : « Il m’a ouv e r t les yeux […] Si cet homme ne venait pas de D i e u , il ne pourrait rien f a i r e. » (V e r sets 30, 33.)

  En colère, p a r ce que leur autorité était mise en doute et leur opinion c o n t e s t é e , « ils le c h a s s è r ent », en e x c luant l’homme de la synago g u e ( ve r set 34). Il fut condamné comme hérétique, coupé de tout lien av e c sa famille et ses amis.

  Jésus c h e r cha l’homme. « Il lui dit : C r ois-tu au Fils de Dieu ? Il répondit : Et qui est-il, S e i g n e u r , a fi n que je croie en lui ? Tu l’as vu, l u i dit Jésus, et celui qui te par l e , c’est lui. » L’homme accepta alors Chr i s t comme le Fils de Dieu. De tout cela, Jésus dit : « Je suis v e n u dans ce monde pour un jug e m e n t , pour que ceux qui ne voient point v o i e n t , e t que ceux qui voient deviennent aveugles. » (V e r sets 35-39.)

  À nouv e a u , Jésus a mis en évidence qu’il était le Messie, le F i l s même de Dieu. Lors de cet incident, et comme il l’avait fait de nom- b r euses fois le jour du sab b at , il a encore donné un enseignement c o n c e r nant son œuvre de rédemption pour l’humanité.

Jésus a-t-il changé la loi ?

  Ces récits résument les activités précises du Christ le jour du sab b at , telles qu’elles sont ra p p o r tées dans les qua t r e Év a n g iles. Comme nous l ’ a vons dit auparav a n t , c e r tains voient dans ces v e r sets seulement ce qu’ils veulent voir — de prétendues pr e u v es selon lesquelles Jésus a t ra n s g ressé le qua t r ième commandement. T o u t e fo i s , comme les Écri- t u r es le montrent vr a i m e n t , Jésus n’a pas fait une telle c h o s e . Ce que Jésus comba t t a i t , c’était les règlements malavisés et r e s t r ictifs que les chefs r e l i g ieux avaient édictés sur le sab b at , mais il n’a jamais tr a n s — gressé les commandements de Dieu. S’il avait agi ainsi, il aurait péc h é (1 Jean 3 : 4). Or Jésus n’a jamais péché. Il a vécu une vie sans péc h é , a fi n d’être notre sacr i fi ce parf a i t , le Sauveur de toute l’humanité ( 1 P i e r re 2 : 22 ; Éphésiens 5 : 2 ; 1 Jean 4 : 14).

  Cela aurait été inconcevable pour Jésus de désobéir aux comman- dements de Dieu. Il a dit de lui-même :« Le Fils ne peut rien f a i r e de lui- m ê m e ,il ne fait que ce qu’il voit f a i r e au Père ; et tout ce que le Père f a i t , le Fils le fait pareillement. » (Jean 5 : 1 9 . )

  Que faisait Jésus ? Selon ses pr o p r es par o l e s , il faisait exactement ce que le Père faisait. P o u rt a n t , c e r tains pensent à tort qu’il est v e n u pour a n n uler la loi sainte de Dieu et la supprimer en tant que règle d’instr u c — tion et de conduite pour l’humanité.

  « Je ne puis rien f a i r e de moi-même : d ’ a près ce que j’entends, j e j u g e ; et mon jugement est juste, p a r ce que je ne c h e r che pas ma v o l o n t é , mais la volonté de celui qui m’a envoyé », disait Jésus (Jean 5 : 30). La m o t i vation de Jésus-Christ était de plaire au Père. Ce que Dieu v o u l a i t était ce qui importait le plus pour Jésus.

  « Ma nourr i t u r e est de f a i r e la volonté de celui qui m’a envo y é , e t d’accomplir son œuvre », disait-il à ses disciples (Jean 4 :34). C’était sa m o t i va t i o n , sa raison de vi v r e : f a i r e la volonté de Dieu le Père. Par son enseignement les jours de sab b a t durant son ministère terr e s t r e, C h r ist a révélé la volonté de Dieu et a montré sa déter m i n a tion à accomplir l ’ œ u v r e de Dieu, m a l g ré l’opposition et la persécution qui a b o u t i re n t finalement à sa tor t u r e et à sa mort cruelles.

L’affirmation claire de Jésus-Christ

  Jésus lui-même a c l a i r ement démenti toute intention de c h a n g er ou d ’ a bolir le sab b at , ou toute autre partie de la loi de Dieu. « Ne croyez pas que je sois v e n u pour abolir la loi ou les prophètes ; je suis v e n u non pour a b o l i r , mais pour accomplir. » (Matthieu 5 : 1 7 . )

  Le mot grec pleroo , t r aduit par « accomplir », s i g n i fi e « r e n d r e com- plet »,« remplir entièrement », « réaliser dans tous les détails », « r e n d r e p a r f ait » ou « ac h e ver jusqu’à la fin » (« Fulfill» , Thayer’s Greek Lexicon ). En d’autres ter m e s , Jésus a dit qu’il est v e n u pour compléter la loi et la r e n d r e parf a i t e . Comment ? En montrant l’intention et l’a p p l i c at i o n s p i r ituelles de la loi de Dieu. Ce qu’il a voulu dire est mis en évidence dans la suite du c h ap i t r e, où il a montré l’intention spirituelle de cer t a i n s commandements.

  C e r taines personnes déf o r ment la signifi c a tion du mot « a c c o m p l i r » en faisant dire à Jésus : « Je ne suis pas v e n u pour a b o l i r la loi, mais pour y mettre fin en l’accomplissant. » Ceci est tout à f a i t i n c o h é r ent par ra p p o r t aux pr o p r es paroles du Christ. Dans la suite du c h ap i t r e, il a montré que l’a p p l i c a tion spirituelle de la loi la rend encore plus difficile à observ e r , et non pas qu’elle a été annulée ou qu’elle n’est plus nécessaire.

  Jésus a c l a i r ement e x p r imé qu’il n’a rien aboli de la loi de Dieu : « C a r , je vous le dis en vér i t é , tant que le ciel et la terre ne passer o n t p o i n t , il ne dispar a î t r a pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. » (V e r set 18.) Dans ce v e rs e t , un autre mot grec est utilisé pour « accomplir » : ginomai , signifiant « arriver » ( T h a y e r ’ s ). C’est seulement après que tout ce qui est nécessaire ser a i t a r rivé que la loi de Dieu cesserait d’e x i s t e r . Telle est l’aff i rm a tion du C h ri s t .

  Pour empêcher toute mauvaise compréhension év e n t u e l l e , il a av e r ti ceux qui essaieraient d’abolir la loi de Dieu :« Celui donc qui sup- p ri m e r a l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à f a i r e de même, s e r a appelé le plus petit dans le royaume des cieux ; mais celui qui les observ e ra , et qui enseignera à les observ e r , celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. » (V e r set 19.)

  En e x p l i q u a n t , en développant et en ex e m p l i fi ant la loi de Dieu, Jésus a accompli une prophétie messianique, que nous tr o u v ons dans Ésaïe 42 : 21 :« L ’ É t e r nel a v o u l u , pour le bonheur d’Isr a ë l , p u b lier une loi grande et ma g n i fiq u e . » Le mot hébreu higdil , t r aduit par « ma g n i — fique » signifie littéralement « ma g n i fie r , r e n d r e grand » (« Magnify » , Brown-Driver-Briggs Hebrew-English Lexicon ). C’est ce que Jésus- C h r ist a exactement f a i t , en montrant la portée et le but réels du repos du s a b b a t de Dieu.

Suivre l’exemple de Jésus

  L o r squ’on lui a demandé : « Quel est le premier de tous les com- mandements ? », Jésus-Christ a répondu : « Voici le premier : Écoute , Israël , le Seigneur, n o t r e Dieu, est l’unique Seigneur ; et : Tu aimeras le S e i g n e u r , ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pen- s é e , et de toute ta f o rc e . » (Marc 12 : 2 8 — 3 0 . )

  Dans ce passage, le Christ a réaff i r mé le plus grand commandement de l’Ancien Testament (Deutéronome 6 : 4-5). Ceux qui observent le s a b b a t biblique s’eff o r cent d’obéir à ce commandement,en mettant Dieu en premier dans leur vie et en g a r dant son commandement du sab b a t. Ils s u i vent également l’instruction de Jésus, qui a dit : « Celui qui a mes commandements et qui les g a rd e , c’est celui qui m’aime […]. » ( Je a n 1 4 : 2 1 . )

  Jésus-Christ est notre Seigneur et notre Maître (Philippians 2:9-11 Philippians 2:9-11 [9] Why God also has highly exalted him, and given him a name which is above every name: [10] That at the name of Jesus every knee should bow, of things in heaven, and things in earth, and things under the earth; [11] And that every tongue should confess that Jesus Christ is Lord, to the glory of God the Father.
American King James Version×
) . Il a aussi pr o c lamé qu’il est « maître même du sabbat » (Marc 2 : 2 8 ) . Aussi de v r ions-nous sui v r e son exemple en observant le sabbat — et tous les commandements de Dieu —, comme il l’a enseigné et vécu.