Le sabbat a-t-il été changé dans le Nouveau Testament ?

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Le sabbat a-t-il été changé dans le Nouveau Testament ?

  Nous avons vu que Jésus-Christ n’a pas changé le jour du sab b a t de Dieu. Au contr a i r e, tout au long de son ministère, il a précisé le but et l’intention vér i t a bles du sab b a t. Il a souvent montré, p a rt i c u l i è r ement par ses enseignements et ses actions lors de ce jour, que le sab b a t préfi g u r e l ’ â g e messianique à venir qui sera une époque de guér i s o n , de liberté et de r e s t a u r ation pour toute l’humanité.

  Jésus observait le sab b a t. Manif e s t e m e n t , au moment de sa mor t ,s e s plus pr o c hes disciples l’observaient aussi,car ils a t t e n d i r ent la fin du sabbat pour préparer le corps de Jésus (Matthieu 28 : 1 ; Marc 16 : 1-2 ; L u c 23 : 56 ; 24 :1). Cinquante jours après la résurrection du Chr i s t , n o m b r eux furent les disciples qui s’assemb l è r ent le jour de la P e n t e c ô t e , l’un des sept sab b a ts annuels (ou fêtes) observés tout comme le sab b a t h eb d o m a d a i r e (Lévitique 23 : 1-44). Ce jour - l à , l’Église du Nouv e a u Testament fut instituée par la v e n ue du Saint-Esprit (Actes 2 : 1-4). Nous ne voyons la pr e u v e d’aucun c h a n g ement au moment de la mort et de la r é s u r rection du Christ ; au contr a i r e, nous constatons que ses disciples c o n t i nu è r ent d’observer les sab b a ts tout comme lui-même l’avait f a i t .

  Si le sab b at , ou toute autre partie de la loi de Dieu,avait été aboli ou m o d i fi é dans l’Église pr i m i t i ve, nous tr o u ve r ions des pr e u v es évidentes dans les écrits du Nouveau Testament. Après tout, les li v r es du Nouv e a u Testament ont été rédigés sur plusieurs décennies au premier siècle de notre ère, jusqu’aux années 90, plus de soixante ans après la mort et la r é s u r rection de Jésus.

Paul a-t-il aboli le sabbat ?

  Beaucoup de ceux qui soutiennent que le sab b a t a été aboli dans le N o u v eau Testament fondent leur opinion sur les écrits de l’a p ô t r e P a u l . Mais est-ce correct ? Trois passages sont communément cités pour prouver cette aff i rm a tion : Romains 14 : 5-6 ; Colossiens 2 : 16-17 ; G a l at e s 4 : 9 - 1 0 .

  Un principe essentiel à la compréhension de la Bible est de considérer chaque v e r set dans son contexte : dans le contexte immédiat de ce qui est e x a m i n é , et aussi dans le contexte social et historique plus génér a l , qui influença l’auteur et son audience au moment de la rédaction. Examinons chacun de ces v e r sets dans leur contexte et voyons si Paul a v r aiment annulé ou aboli l’observance du sab b at .

  C o n s i d é r ons d’a b o r d les déc l a r ations de Paul lui-même à propos de la loi de Dieu. Plus de vingt-cinq ans après la mort de Jésus-Chr i s t , il a é c r it dans Romains 7 :12 :« La loi donc est sainte,et le commandement est saint, juste et bon. » Dans Romains 2 : 1 3 , il a déclaré : « Ce ne sont p a s , en eff e t , ceux qui écoutent la loi qui sont justes devant Dieu, m a i s ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés. » Dans Romains 7 : 2 2 , il a dit : « Car je prends plaisir à la loi de Dieu, s e l o n l’homme intér i e u r . »

  Beaucoup supposent qu’à partir du moment où on a la foi en Jésus- C h ri s t , il n’est plus nécessaire d’observer la loi. Paul a lui-même a b o rd é ce concept dans Romains 3 :31 : « A n n ulons-nous (grec k at a r g e o , signifiant “ d é t ru i re ” ou “ a bolir”) donc la loi par la foi ? Loin de là ! Au c o n t ra i r e, nous confirmons (grec h i s t e m i , s i g n i fi ant “ é ri ge r ” ou “ dresser”) la loi. » Paul a déclaré que la foi n’abolit pas la loi ; au contr a i r e, elle l’établit et la soutient.

  Actes 24 ra p p o r te la défense de Paul devant le g o u ve r neur r o m a i n Félix. Aux dir i g eants r e l i g ieux juifs qui l’accusaient de dissension et de s é d i t i o n , Paul a répondu qu’il servait « le Dieu de mes pères [...], croyant tout ce qui est écrit dans la loi et dans les prophètes » (v e r set 14).

  Deux ans plus tard, il s’est à nouveau défendu contre de telles récriminations , mais cette fois devant un autre g o u ve r neur r o m a i n , F e s t u s . « Je n’ai rien fait de coupab l e , ni contre la loi des J u i f s , ni contre le t e m p l e , ni contre César », a-t-il répondu à toutes les accusations por t é e s c o n t r e lui (Actes 25 : 8 ) .

  I c i , quelque vingt à trente années après la mort de Jésus-Chr i s t , P a u l a déclaré qu’il croyait « tout ce qui est écrit dans la loi et dans les prophètes » (termes utilisés pour désigner l’Ancien Testament) et qu’il n ’ a vait rien fait contre la loi.

  À la lumière de ces déc l a r ations précises, on de v r ait pouvoir s’at- t e n d r e à tr o u v er des instructions tout aussi précises concernant l’abolition du sab b at , si telles étaient la compréhension et l’intention de P a u l . Mais est-ce le cas ?

Tous les jours d’adoration sont-ils semblables ? (Romains 14 : 5-6)

  Dans Romains 14 : 5 - 6 , Paul a écrit : « Tel fait une distinction entre les jours ; tel autre les estime tous égaux. Que chacun ait en son espr i t une pleine conviction. Celui qui distingue entre les jours agit ainsi pour le Seigneur. Celui qui mange, c’est pour le Seigneur qu’il mange, car il rend grâces à Dieu ; celui qui ne mange pas, c’est pour le Seigneur qu’il ne mange pas, et il rend grâces à Dieu. »

  C e r taines personnes pourraient déduire de cette déc l a r ation que P a u l est en train de dire que le jour choisi pour se reposer et adorer impor t e p e u , du moment que l’on a « en son esprit une pleine conviction » et que l’on « agit ainsi pour le Seigneur ». Cela veut-il dire que le sab b a t n’est pas dif f é r ent des autres jour s , ou que nous sommes libres de choisir le jour que nous voulons observer ?

  Pour en arriver à une telle conc l u s i o n , il f a u d r ait lire dans le v e rs e t ce qu’il ne dit pas, car le sab b a t n’est mentionné nulle part ici. En f a i t , on ne tr o u v e aucune mention du mot sab b at , ni aucune indication précise quant à son observance dans toute l’épître. Dans ce v e rs e t , il est simple- ment fait référence à des « jours », et non au sab b a t ou à d’autres jours de repos et d’adoration commandés par Dieu.

  S o u v enons-nous que Paul a déjà dit dans cette épître : « La loi est s a i n t e , et le commandement est saint, juste et bon » (Romains 7 : 12) ; « Ce sont ceux qui la mettent en pratique qui seront justifiés » ( R o m a i n s 2 : 13) ; et « Je prends plaisir à la loi de Dieu » ( R o m a i n s 7 : 22). S’il voulait dire ici que l’observance du sab b a t n’a plus d’impor t a n c e , une telle aff i rm a tion serait en totale contr a d i c t i o n avec les autres déc l a r ations de cette même lettre.

De quels jours Paul parlait-il ?

  Quels sont les jours dont Paul parlait ? Pour le découvr i r ,il faut tenir compte du conte x t e .

   Paul écrivait à l’Église de Rome qui était composée à la fois de c r oyants juifs et de croyants gentils. Dans les v e r sets 2 et 3, Paul par l e du végétarisme (« Tel autre,qui est f a i bl e ,ne mange que des légumes »), et il continue sur ce sujet au v e r set 6 (« Celui qui mange [...] celui qui ne m a n g e pas »).

  Le passage en question qui traite des jours se tr o u v e aux v e r sets 5 et 6 , e n t r e les références à la consommation de viande et au végétar i s m e des v e r sets 2, 3 et 6. Il n’y a aucun lien biblique entre l’observance du s a b b a t et le végétar i s m e . Présumer que Paul se réfère ici au sab b a t néces- site donc de sortir ces v e r sets de leur conte x t e .

  « L ’ é t r oite r e l a tion du contexte avec le fait de manger sug g è r e que Paul pense à un jour spécial mis à part pour f e s t o yer ou pour jeûner. » ( E ve r ett F. Harr i s o n , The Expositor’s Bible Commentary , Vol. 10, p . 146.) Il est évident que Paul parlait de jours romains ou d’autres jours spéciaux lors desquels la coutume était de f e s t o y e r , de jeûner ou de s ’ a bstenir de certaines nourr i t u r es.

  Le contexte nous montre que certains membres de la cong r é g a t i o n m a n g eaient de la viande, et que d’autres n’en mangeaient pas. Les végé- t a r iens étaient pr o b a blement des membres qui « craignaient de mang e r (sans le savoir) de la viande sacr i fi ée aux idoles, ou impure d’une m a n i è r e ou d’une autre selon le cérémonial d’usage (ce qui pouvait facilement arriver dans une ville telle que Rome), et qui s’abstenaient donc complètement de manger de la viande » (W . J . Con y b e a r e et J . S . Howson , The Life and Epistles of St. Paul , p. 530).

  Dans 1 Corinthiens 8, Paul a b o r de le sujet de la consommation de viande qui avait peut-être été sacr i fi ée aux idoles et qui pouvait donc être jugée impr o p r e à la consommation par certains membres. Dans ce chapitre, il démontre que toute association de nourr i t u r e à des activités idolâtres n’avait aucun ra p p o r t avec le fait que cette nourr i t u r e soit pr o p r e ou non à la consommation.

  Il semble pr o b a ble que Paul a b o r de le même pr o b lème dans les deux c o n gr é g a t i o n s , c ’ e s t - à - d i r e de savoir si oui ou non les membres dev a i e n t éviter les viandes qui auraient pu être associées à des pratiques idolâtr e s . Une indication de cela peut être vue dans Romains 14 : 14 où Paul f a i t r é f é r ence à des viandes « impures ». Plutôt que d’utiliser le mot gr e c désignant les nourr i t u r es impures ou interdites mentionnées dans l’Ancien Testament , il se sert d’un mot voulant dire souillé, ce qui con v i e nd r ait à la description d’une viande sacr i fi ée aux idoles. Les conseils de Paul dans 1 Corinthiens 8 sont les mêmes que sa conclusion de R o m a i n s 14 : 15. Il faut f a i r e très attention de ne pas offenser un autre m e m b r e, et le f a i r e ainsi tréb u c her ou per d r e la foi à cause du pr o bl è m e des viandes. Ce qui est c l a i r , c’est que la raison pour laquelle les m e m b r es à Rome ne mangeaient pas de viande avait un ra p p o r t dir e c t avec les jours qu’ils observ a i e n t .

  Cela n’était lié en aucune façon à l’observance du sab b at , car le sabbat de Dieu est un jour de « fête » (Lévitique 23 : 1 - 3 ) , et non un jour pendant lequel on ne doit pas manger de viande. Le sabbat n’est mentionné nulle part dans la lettre de Paul aux Romains ; là n’était tout sim- plement pas la question. Les jours mentionnés ici sont manif e s t e m e n t liés à l’abstinence de viande. Cela montre que ce sont des jours r o m a i n s ou d’autres observ a n c e s , mais certainement pas des jours d’adora t i o n commandés par Dieu.

Le sabbat est-il un esclavage ? (Galates 4 : 9-10)

  G a l a tes 4 : 9-10 est un autre passage e x t r ait des épîtres de Paul qui, d ’ a près cer t a i n s , condamne l’observance du sab b a t. Dans ces v e rs e t s , Paul écrit : « Mais à présent que vous avez connu Dieu, ou plutôt que vous avez été connus de Dieu, comment r e t o u rn e z - v ous à ces f a i b les et p a u v r es principes élémentaires auxquels vous voulez vous asser v i r e n c o r e ? Vous observez les jour s , les mois, les temps et les années ! »

  Ceux qui argumentent contre l’observance du sab b a t estiment que la r é f é r ence de Paul aux « jours », « mois »,« temps » et « années » est une é vo c a tion du sab b at , des fêtes, des années sab b a tiques et du jubilé donnés dans l’Ancien Testament (Lévitique 23, 25). Ils considèrent ces o b s e r vances ordonnées par Dieu comme de « f a i b les et pauvres principes élémentaires », v e r s lesquels les Galates r e t o u r naient et auxquels ils s’asservissaient (verset 9).

  Est-ce bien là ce que Paul veut dire ? Le fait de penser que ces versets critiquent le sab b a t pose un pr o b lème évident. Comme dans Romains 14, le sab b a t n’est même pas mentionné ici. Les termes « sab- b a t », « sab b a ts » ou tout autre mot y faisant référence n’a p p a ra i s s e n t nulle part dans cette épître.

  Pour argumenter contre l’observance du sab b at , c e r tains supposent que les « années » mentionnées dans Galates 4 : 10 sont l’année sabbatique et l’année du jubilé, d é c r ites dans Lévitique 25. L’année du jubilé n’était cependant observée nulle part au temps de Paul. Et l’année sabbatique n’était pas observée en-dehors de la Palestine (« Sabbatical Year and Jubilee », Encyclopedia Judaica ,Vol. 14, p. 582, et Jewish Encyclopedia , p. 666). Il n’est donc pas logique de conc l u r e que Paul aurait pu f a i r e allusion ici à l’année sab b a tique et à celle du jubilé, puisque la G a l a tie était en Asie Mineure, loin de la Palestine.

  Les mots grecs que Paul utilise pour désigner « les jour s , les mois, les temps et les années » sont aussi utilisés dans tout le Nouveau Testament pour décr i r e des périodes normales et civiles. Ils sont totalement différents des termes précis dont Paul se sert dans Colossiens 2 : 16 pour mentionner les fêtes, les nouvelles lunes et les sab b a ts donnés dans la B i bl e . Il utilise une terminologie précise pour parler des observ a n c e s b i b liques dans Colossiens, a l o r s qu’il se sert de mots grecs très dif f é re n t s dans Galates. Cela indique c l a i r ement qu’il parle de sujets totalement d i ff é r ents.

  Pour compr e n d r e ce que Paul veut dire, il faut examiner le conte x t e historique et le contexte immédiat de ces v e r sets. Les Églises de Gala t i e étaient composées de membres ayant pour la plupart des origines gentilles , et non juives. Paul nous fait comprendre qu’ils n’étaient pas physiquement circoncis (Galates 5 : 2 ; 6 : 12-13). Ils ne pouvaient donc pas ê t r e juifs.

Ils ne pouvaient pas revenir à ce qu’ils n’avaient jamais observé

  Cette toile de fond est importante pour compr e n d r e ce passage c o n t r ov e r sé. Dans Galates 4 : 9 - 1 0 , Paul dit que les Galates r e t o u rn a i e n t « à ces f a i b les et pauvres principes élémentaires », i n c luant « les jour s , les mois, les temps et les années ». Puisque les lecteurs de Paul v e n a i e n t d’un milieu g e n t i l , il est difficile de voir comment « les jour s , les mois, les temps et les années » auxquels ils r e t o u r naient pouvaient être le sabbat et les autres fêtes de la Bib l e . En eff e t , ils ne pouvaient r e t o u r ner à ce qu’ils n’avaient jamais obser v é .

  Le contexte immédiat rend cela encore plus c l a i r . Au v e r set 8, P a u l dit : « A u t re fo i s , ne connaissant pas Dieu, vous serviez des dieux qui ne le sont pas de leur na t u r e. » Paul fait manifestement allusion « aux idoles du paganisme qu’il appela “dieux qui ne le sont pas”, selon l’idiome juif typique » (James Montg o m e r y Boice, The Expositor’s Bible Commentary ,Vol. 10, p. 475).

Pas une seule référence à des pratiques bibliques

  Est-il possible que ces « f a i b les et pauvres principes élémentaires » auxquels ils r e t o u r naient (v e r set 9) soient les lois, les sab b a ts et les fêtes de Dieu ? Le mot grec traduit ici par « principes » est s t o i ch e i a ,le même qu’au v e r set 3, où Paul dit que ses lecteurs ont été « sous l’esc l a vage des p r incipes élémentaires du monde ». Pour que le v e r set 9 se réfère à la loi de Dieu, il faut aussi que ce soit le cas au v e r set 3, puisque le même mot est utilisé.

  Il est impossible de soutenir que le v e r set 3 fasse allusion à la loi b i bl i q u e , p a r ce que « dans ce cas, deux difficultés supplémentaires sur- gissent : (1) Les Gentils ne semblent pas concer n é s , car leur diff i c u l t é n’est pas d’avoir été sous la loi dans le passé [...], et (2) cela n’e x p l i q u e pas pour q u o i , ou comment, Paul pouvait ajouter la locution “du monde” au terme stoicheia. La pensée juive mettait l’accent sur le fait que la loi n’est pas de ce monde, à cause de son or i g ine divine » (Boice, p. 472).

  « Il semb l e r ait qu’aux temps de Paul cette opinion e x t r ê m e m e n t ancienne et primitive ait été élargie au point que stoicheia se ra p p o rt a i t é g alement au soleil, à la lune, aux étoiles et aux planètes. Tous ces éléments étaient associés à des dieux ou des déesses, ainsi qu’aux gr a n d e s fêtes païennes honorant les dieux, car ils régulaient la progression du c a l e n d ri e r . Pour P a u l , ces dieux étaient des démons. Il pensait donc à un e s cl a vage démoniaque dans lequel les Galates étaient r e t e n us avant la p ro cl a m a tion de l’Év a n gi l e .

  « [...] Dans les v e r sets qui suiv e n t , Paul continue de parler successivement de trois sujets cruciaux : (1) “des dieux qui ne le sont pas de leur n at u re ” , sans doute des faux dieux ou des démons ; (2) “ces f a i b les et p a u v r es principes élémentair e s ” , stoicheia de nouveau ; et (3) “les jour s , les mois, les temps et les années” ( ve r sets 8 à 10). Il ne fait pas de doute que Paul pensait à ces démons d’une façon totalement dif f é r ente de l’ancienne façon de penser des Galates [...] Le pr o b lème dans son entier p r end ainsi une pr o d i g ieuse dimension spir i t u e l l e . Le contraste e x t r ê m e avec la liberté en Christ est le fait d’être esc l a ves de Satan et des espr i t s malins. » (Boice, p. 472.)

L’observance superstitieuse des jours et des temps

  C’est dans ce contexte que les Galates observaient cer t a i n s « j o u r s » , « mois », « temps » et « années ». Le mot grec ici traduit par « observer » est p a r a t e re o , qui signifie « surveiller de près, [ou] observer strictement » (W.E. V i n e , « Observe », Vine’s Expository Dictionary of New Testament Words) .

  Ce mot « semble avoir le sens d’une “ observance soucieuse et scrupuleuse par une personne bien inf o rm é e , dans son pr o p r e intérêt”, ce qui [...] va avec la considération de périodes ou de moments précis, qui sont é v alués positivement ou néga t i vement d’après le calendrier ou l’astrologie » (Gerhard Kittel, Theological Dictionary of the New Testament , Vol . 3 , p. 148).

  Quels que soient « les jour s , les mois, les temps et les années » que les Galates observ a i e n t , ils les observaient a p p a r emment d’une f a ç o n s u p e rs t i t i e u s e , de la même manière qu’ils avaient observé les jours et les temps avant leur conv e rs i o n .

  Le contexte nous montre qu’il n’est pas logique de conc l u r e que Paul critique l’observance du sab b a t et des fêtes bib l i q u e s , puisqu’il ne les mentionne même pas. Il s’attaque plutôt aux eff o r ts malavisés des G a l a tes qui c h e r chaient à obtenir le salut par des observances super stitieuses in utiles.

Le sabbat est-il obsolète ? (Colossiens 2 : 16-17)

  Un troisième passage tiré des écrits de P a u l , Colossiens 2 : 1 6 - 1 7 , est également utilisé pour corr o b o r er l’affirmation selon laquelle l’observance du sab b a t n’est plus nécessaire. « Que personne donc ne v o u s j u g e au sujet du manger ou du boire, ou au sujet d’une fête, d’une nouvelle lune, ou des sab b a ts : c’était l’ombre des choses à v e n i r , mais le c o r ps est en Christ », é c r it-il.

  Examinons à nouveau le contexte et le cadre historique de ces versets pour voir s’ils confirment cette opinion.

  L’intention de Paul est-elle de signifier l’abolition du sab b a t ? Si tel est le cas, cette inter p r é t a tion pose des pr o b lèmes immédiats. En acceptant cette position, il est difficile d’expliquer comment Paul peut laisser la question aussi confuse en ne déc l a r ant pas ces pratiques in u t i l e s ,a l o r s qu’en fait ces v e r sets indiquent que les Colossiens les observaient. A p r è s t o u t , l’Église de Colosses était essentiellement composée de Gentils (Colossiens 1 : 27 ; 2 : 13). Paul aurait donc pu pr o fi ter de cette épître pour f a i r e compr e n d r e c l a i r ement que les Gentils ou les autres c h r é t i e n s n’étaient plus liés par ces pratiques.

  Mais Paul ne dit cela nulle part. Concernant l’observance des fêtes, des nouvelles lunes et des sab b at s , il dit seulement « que personne donc ne vous juge », ce qui est loin d’être la même chose que d’aff i r mer que ces pratiques sont inutiles ou obsolètes.

Pas de remise en cause des pratiques bibliques

  En premier lieu,il convient de voir si les pratiques de l’Ancien Testament sont au centre du sujet que Paul a b o r de ici. Examine-t-il la question de savoir si oui ou non les chrétiens doivent observer les lois c o n c e r nant les viandes pures et impur e s , les fêtes di v i n e s , le sab b a t h eb d o m a d a i r e, ou toute autre loi de l’Ancien Testament ?

  Beaucoup de gens supposent que l’acte qui a été cloué à la cr o i x ( ve r set 14) est la loi de Dieu, ainsi que les ordonnances qu’il donna dans l’Ancien Testament. Mais ce n’est pas ce que Paul veut dire. Le mot gr e c t r aduit par « acte » est cheirographon , et c’est le seul endroit de la Bib l e où il est utilisé. Il signifie un reg i s t r e man u s c r it de dettes, ou ce que nous a p p e l l e r ions aujourd’hui une reconnaissance de dettes. Dans la littéra- t u r e a p o c a l yptique de l’époque, ce mot était utilisé pour désigner un « reg i s t r e des péchés », ce qui correspond à un compte rendu écrit des p é c hés de quelqu’un.

  Paul ne dit pas que la loi de Dieu a été clouée à la croix. Selon lui, ce qui a été c l o u é , c’est le reg i s t r e de nos péchés. Comme la loi de Dieu e x i g e la peine de mort pour le péché (Romains 6 : 2 3 ) , ce reg i s t r e est ce qui nous condamnait et ce qui subsistait contre nous (Colossiens 2 : 1 4 ) , et non la loi elle-même. The New Testament in Modern English de J . B . Phillips rend cela clair en traduisant les v e r sets 13 et 14 par : « Il nous a p a r donné tous nos péchés : C h r ist a totalement effacé la pr e u v e accablante de nos tr a n s g ressions des lois et des commandements, p re u v e qui planait constamment au-dessus de notre tête ; il l’a complètement annu- lée en la re p r enant à son compte pour la clouer à la croix. » C’est la p re u v e de nos tr a n s g r e s s i o n s , et non la loi elle-même, qui a été clouée à la cr o i x , nous permettant ainsi d’être pardonnés.

  Cela devient clair à la lecture du reste du c h ap i t r e. Il est évident que d ’ a u t r es pr o bl è m e s , qui n’avaient rien à voir avec les lois de Dieu don- nées dans l’Ancien T e s t a m e n t , étaient impliqués, e n t r e autres : « les d o m i n a tions et les autorités » (v e r set 15), « une a p p a r ence d’humilité » et « un culte des anges » (v e r set 18), l ’ i n t e r diction de pr e n d r e, de g o û t e r et de toucher (v e r set 21) et « le mépris du corps » (v e r set 23).

  De plus,Paul fait allusion aux fausses doctrines de Colosses comme ayant leur or i g ine dans « des discours séduisants » (v e r set 4) , « la philosophie », « une vaine tr o m p e r ie » et « la tradition des hommes » (verset 8). Il fait aussi allusion à la soumission aux « principes élémentair e s du monde » (verset 20) et aux « ordonnances » et « doctrines des hommes » (v e r set 22).

  Est-il possible que P a u l , qui dans Romains 7 : 12 dit que la loi est s a i n t e , juste et bonne, se réfère ici à cette même loi, ou bien a b o rd e - t - i l une question dif f é r ente ?

Infiltration gnostique

  Quand on tient compte du contexte histor i q u e , la réponse de v i e n t é v i d e n t e . Au premier sièc l e , a l o r s que l’Église grandissait et se dév e l o pp a i t , elle devait f a i r e face à une infi l t r ation progr e s s i ve de gnosticisme. Dans le Nouveau T e s t a m e n t , l ’ i n fl uence de cette pensée et de cette pratique est par t i c u l i è r ement manifeste dans les écrits de P a u l , de Pierre et de J e a n .

  Le gnosticisme « était essentiellement une attitude philosophique et r e l i gi e u s e , et non pas un système bien défini » (Curtis Vaughan , The Expositor’s Bible Commentary ,Vol. 11,p.166). Il ne représentait pas une r e l i g ion r e c o n n ue en tant que telle, mais plutôt une a p p ro c he de c r oyances déjà existantes. Le thème principal du gnosticisme était qu’une connaissance secrète ( gnosis est le mot grec voulant dire « connaissance »,d’où le terme gnosticisme ) pouvait améliorer une religion.

  « Son enseignement principal était que l’esprit est entièrement bon, et que la ma t i è r e est entièrement mauv a i s e . De nombreuses err e u r s [...] sont nées de ce dualisme contr a i r e à la Bib l e . » (Introduction à 1 Jean , The New International Version Study Bible .) P a r mi ces err e u rs , on tr o u v e les croyances selon lesquelles « le corps de l’homme, qui est ma t i è r e, e s t m a u va i s , à la dif f é r ence de Dieu, qui est entièrement esprit et donc b o n » ; le salut « correspond à une évasion du corps physique et s’ob- tient non par la foi en Chr i s t , mais par une connaissance spéciale » ; et « puisque le corps est considéré comme étant mauv a i s , il doit être tr a i t é d u r ement. Cette f o r me de gnosticisme ascétique est le contexte d’une p a r tie de la lettre aux Colossiens ».

  O u t r e ces croy a n c e s , « le gnosticisme, sous toutes ses f o rm e s , é t a i t c a ra c t é r isé par la croyance [...] en des êtres inter m é d i a i r es ». D’autre p a rt , « la connaissance dont parlaient les gnostiques [...] était une connaissance acquise à trav e r s une e x p é r ience m y s t i q u e , et non par une a p p ro c he intellectuelle. C’était une connaissance occulte, imprégnée par les superstitions de l’astr o l o gie et de la mag i e . C’était de plus une connaissance ésotér i q u e , a c c e s s i b le seulement à ceux qui avaient été ini- tiés aux m y s t è r es du système gnostique » (V a u g h a n , p. 167).

Références aux enseignements gnostiques

  On estime que tous ces éléments avaient influencé la cong r é g a t i o n de Colosses. Il est évident que Paul combattait la prétendue connais- sance spéciale soutenue par les gnostiques, en aff i r mant que lui-même a p p o r tait aux Colossiens la connaissance supér i e u r e de Dieu et de Jésus- C h ri s t , celle qui mène au salut (Colossiens 1 : 9 , 25-29 ; 2 : 2 - 3 ) .

  Paul leur écrivait : « Je dis cela afin que personne ne vous tr o m p e par des discours séduisants. » (Colossiens 2 : 4.) Il considérait cette connaissance secrète comme rien de plus qu’une « philosophie » et une « vaine tr o m p e ri e , s ’ ap p u y ant sur la tradition des hommes, sur les pr i ncipes élémentaires du monde,et non sur Christ » (v e r set 8). Il montre que la connaissance la plus importante est celle de Dieu et de Chr i s t , d a n s laquelle « sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la connaissance » (v e r set 3).

  C e r tains partisans de l’hérésie recommandaient de r e n d r e hommage aux anges et autres puissances spirituelles. Paul mettait en g a r de les Colossiens contre ceux qui prenaient plaisir au « culte des anges » (verset 18). Il leur expliquait qu’à la lumière du sacr i fi ce e x p i at o i r e du Chr i s t , ces prétendues « dominations » et « autorités » étaient inutiles pour accéder à Dieu (v e r sets 10 et 15).

Une approche ascétique stricte

  En se basant sur leur croyance selon laquelle l’esprit était bon et la chair mauv a i s e ,les gnostiques enseignaient un ascétisme strict et se refusaient tout plaisir physique . Par « le mépris du corps » (verset 23), i l s e s p é r aient a t t e i n d r e une plus grande spiritualité. Paul a ainsi décrit leurs règles : « Ne prends pas ! ne goûte pas ! ne touche pas ! » (v e r set 21). Ces règlements concernaient seulement des « préceptes qui tous de v i e n - nent pernicieux par l’abus », p a r ce qu’ils sont basés sur « les ordonnances et les doctrines des hommes » (v e r set 22), et non sur les ensei- gnements de Dieu.

  À ses déb u t s , cet ascétisme gnostique combinait certainement des c o n c e pts gentils et des éléments du judaïsme tels que la cir concision ( verset 11). « Il est donc pr o b a ble que l’hérésie colossienne était le m é l a n g e d’une f o r me extrême de judaïsme et de gnosticisme à ses d é b uts. » (Introduction aux Colossiens, The New International Version Study Bible . )

  Les enseignements spécifiques traités par Paul font a p p a ra î t r e qu’une ou plusieurs br a n c hes du judaïsme étaient influencées par le g n o s t i c i s m e . Celles-ci infi l t r aient la cong r é g ation de Colosses en ensei- gnant une f o r me extrême de judaïsme ascétique mélangé à des c r oyances gnostiques. Ces faux enseignants condamnaient ceux dont les o b s e r vances r e l i g ieuses n’étaient pas conf o r mes à leurs normes spiri- tuelles ascétiques. Par conséquent, Paul av e r tissait les Colossiens de ne laisser personne les juger « au sujet du manger ou du boire » (v e r set 16).

Jugés sur leur façon d’observer le sabbat, et non parce qu’ils l’observaient

  Les Colossiens n’étaient pas jugés sur l’observance des fêtes, d e s n o u v elles lunes et des sab b a ts en tant que tels, mais sur leur f a ç o n d’observer ces jours — une façon a p p a r emment joyeuse et pleine d’entr a i n . Après tout, ces jours avaient été donnés par Dieu pour être des fêtes et des réjouissances. Cette a p p ro c he était tout à fait contr a i r e à l’a p p ro ch e g n o s t i q u e , pleine d’a b n é g ation fle g m a tique tellement manifeste dans ce c h ap i t r e.

  Le gnosticisme s’intéressait également aux étoiles et aux planètes, auxquelles Paul fait allusion comme étant « les principes élémentaires du monde » (v e r set 8). Cette per s p e c t i ve avait pr o b a blement influencé les gnostiques qui observaient les fêtes, les nouvelles lunes et les sab b at s , puisque le calendrier régissant ces jours était fixé d’après certains mouvements des corps célestes.

  En av e r tissant les membres colossiens de ne pas se laisser juger sur leur façon d’observer les fêtes, les nouvelles lunes et les sab b at s , Paul ne met pas en doute l’observance de ces jours. Ces v e r sets impliquent de façon évidente que, au contr a i r e, ces chrétiens gentils observaient ces j o u rs , et il ne leur était aucunement dit de cesser de le f a i r e.

  Le sujet a b o r dé par Paul était plutôt que les chrétiens ne devaient pas ê t r e critiqués sur leur façon joyeuse d’observer ces jours. Paul av e rt i s s a i t les membres de ne pas se laisser jug e r , d ’ a près ces normes ascétiques peu équilibrées, sur ce qu’ils mangeaient et b u v aient ou sur leur f a ç o n d ’ o b s e r ver les sab b a ts et les fêtes (v e r set 16).

  Le contexte général de Colossiens 2 :16 est l’ascétisme issu des pre- m i e r s mouvements gnostiques, et non une discussion sur les lois que les chrétiens sont tenus d’observer.

L’ombre des choses à venir

  Que penser de la déc l a r ation de Paul dans Colossiens 2 : 17 où il dit que le sab b a t et les fêtes bibliques étaient « l’ombre des choses à v e n i r , mais le corps est en Christ » ? Paul veut-il dire que ces jours étaient sans i m p o r tance et obsolètes parce que le Christ était le « corps » de ce qu’ils p r é fig u r aient ?

  En f a i t , Paul déc l a r e qu’ils étaient « l’ombre des choses à venir » , indiquant ainsi qu’ils avaient un accomplissement futur. Le mot grec tra- duit par « à venir » est mello , signifiant « être sur le point de f a i r e ou de subir quelque c h o s e , ê t r e au stade de, être imminent » (Spiros Zodhiates , The Complete Word Study Dictionary New Testament, p. 956).

  Mello signifie « être sur le point de [f a i r e quelque chose ] , ce qui implique souvent la nécessité et donc la certitude de ce qui doit arriver » ( W.E. Vine , « Come », Vine’s Expository Dictionary of New Testament Words , p. 207).

  Paul utilise la même construction sémantique dans Éphésiens 1 : 2 1 , en déc l a r ant que Jésus-Christ est « au-dessus de toute domina t i o n , d e toute autor i t é , de toute puissance, de toute dignité, et de tout nom qui peut être nommé,non seulement dans le siècle présent,mais encore dans le siècle à venir ». Il fait r e s s o r tir le contraste entre le siècle présent et celui « à venir », m o n t r ant ainsi qu’il y a bien un accomplissement futur.

  Cet accomplissement futur est également rendu évident par la formulation utilisée dans l’or i g inal de Colossiens 2 : 17. Le mot grec esti , t r aduit par « était », est en fait au présent actif et signifie « être » ou « e s t » (Zodhiates , p. 660). C’est d’ailleurs ainsi que le rend la v e rs i o n D a r b y où nous pouvons lire :« qui s o n t une ombre des choses à venir ». Si Paul avait voulu dire que le sab b a t et les fêtes étaient accomplis et d e v e n us obsolètes en Jésus-Chr i s t , il aurait fallu qu’il utilise une formula tion totalement différente.

  La formulation que Paul a choisie montre que le sab b a t et les fêtes « sont une ombre » de choses qui ne sont pas encore v e nu e s , et non de choses déjà accomplies et rendues obsolètes en Jésus-Christ.

Les actes physiques enseignent des leçons spirituelles

  C e r tains supposent que des actes physiques ayant trait à la pra t i q u e r e l i g ieuse ont été « accomplis en Christ » dans le Nouveau Testament et sont donc obsolètes et in u t i l e s , puisqu’ils sont des re p r é s e n t a tions ou des symboles de vérités spirituelles plus grandes. Ces personnes mettent le s a b b a t et les autres fêtes bibliques dans cette ca t é go ri e , à cause du comm e n t a i r e de Paul disant qu’ils « sont une ombre des choses à venir ».

  Mais ce raisonnement présente des failles. Le fait que quelque c h o s e soit une ombre, une re p r é s e n t a tion ou un symbole ne veut pas dire que cette chose est moins importante pour autant. L’Ancien Testament , t o u t comme le Nouv e a u , est rempli de symboles et d’actes symboliques o r donnés par Dieu pour nous enseigner d’importantes leçons spirituelles.

  Le baptême est un acte symbolique représentant une plus gr a n d e v é r ité spirituelle : l ’ e n s e velissement du vieil homme et la concrétisa t i o n d’une nouvelle vie (Romains 6 : 3-4). Et ce p e n d a n t , il nous est commandé d’être baptisés (Actes 2 : 38). Le pain et le vin de la Pâque sont des symboles de la r e l a tion spirituelle essentielle que nous avons av e c J é s u s - C h r ist. Et il nous est c l a i r ement commandé de les pr e n d r e ( 1 C o r inthiens 10 : 1 6 ) .

  L’imposition des mains (Hébreux 6 : 2 ) , l’onction d’huile ( Ja c q u e s 5 : 1 4 ) , le lavement des pieds (Jean 13 : 1 4 ) , la consomma t i o n de pains sans levain (1 Corinthiens 5 : 6-8) et d’autres actions ph y s i q u e s sont des observances commandées dans le Nouveau Testament, n o n p a r ce que ces choses sont plus importantes que ce qu’elles symbolisent, mais parce que leur observance renforce et améliore notre compréhension spirituelle . Après tout, nous sommes des êtres physiques en quête de compréhension spirituelle . Dieu nous a donné des actes et des symboles physiques pour nous aider à mieux compr e n d r e les leçons spirituelles.

  Ces exemples montrent que les symboles et les actes symboliques ne sont pas uniquement limités à la pratique r e l i g ieuse physique de l’Ancien Testament, mais qu’ils sont aussi destinés à pr e n d r e une part importante dans la pratique r e l i g ieuse du Nouveau Testament. Comme Paul l’a r e c o n nu , ils sont les rappels essentiels d’importantes vérités spir i t u e l l e s (1 Corinthiens 11 : 23-26). C’est également vrai pour le sab b a t. Jésus a m o n t r é , par ses actions et ses enseignements sur le sab b at , que le re p o s du sab b a t est une préfi g u r a t i o n , un av a n t - g oût du merveilleux âge mes- sianique de paix, de re p o s , de liberté et de guérison à v e n i r .

  Dans Colossiens 2 : 1 6 - 1 7 , Paul ne parle aucunement du car a c t è r e d u r able ou éphémère du sab b a t. En f a i t , Paul ne cite l’Ancien T e s t a m e n t nulle part dans Colossiens. Il utilise le mot grec nomos, s i g n i fia n t « l o i » , des dizaines de fois dans ses autres épîtr e s , mais pas une seule fois dans celle-ci. P o u r quoi ? L’Ancien Testament et la loi de Dieu n’en étaient tout simplement pas le sujet.

  Loin de nier l’observance du sab b at , les instructions de Paul aux C o l o s s i e n s , é c r ites v e r s l’an 62 de notre ère, a f f i r ment au contr a i r e que les chrétiens gentils observaient vraiment le sab b a t plus de trente ans après la mort du Chr i s t , et que le sab b a t est un important rappel de vérités spirituelles essentielles pour nous aujour d ’ h u i .

Récit historique dans les Actes

  De tous les écrits de P a u l , les trois passages qui viennent d’être examinés sont ceux qui sont communément utilisés pour essayer de pr o u ve r qu’il a aboli l’observance du sab b a t. Cependant, comme nous l’av o n s v u , deux de ces passages ne mentionnent même pas le sab b at , et le troisième confirme qu’en réalité les Gentils conv e r tis observaient le sab b at , puisque Paul leur a dit de ne pas se laisser juger sur leur façon de l’observer.

  M a i s ,o u t r e ses par o l e s , les actions de Paul montrent qu’il n’a jamais eu l’intention d’abolir ou de c h a n g er le sab b a t et que lui-même l’observa.

  Actes 13 ra p p o r te que, dix à quinze années après sa conv e rs i o n m i ra c u l e u s e , Paul et ses compagnons se r e n d i r ent à A n t i o c he en A s i e M i n e u r e, où ils entrèrent « dans la synagogue le jour du sabbat » (verset 14). Après avoir été invité à par l e r , Paul s’adressa aux Juifs et aux p ro s é l ytes gentils (v e r set 16), et décrivit comment la v e n ue de Jésus- C h r ist avait été prédite à trav e r s les Écr i t u r es de l’Ancien Testament.

  Son message fut reçu avec tellement d’enthousiasme qu’« a p r è s qu’ils furent sortis de la synagogue des J u i f s , les Gentils les pr i è r ent de leur annoncer les mêmes choses le sab b a t suivant » (v e r set 42, v e rs i o n d ’ O s t e r vald). Remarquez que les Gentils présents voulaient que P a u l leur parle encore de Christ le sab b a t suivant. P o u r quoi ? P a r ce que, manif e s t e m e n t , ces Gentils observaient déjà le sab b a t avec les Juifs dans la s y n a go g u e .

  Quelle fut la réponse de Paul à la requête des Gentils ? « Le sab b a t s u i v a n t , p r esque toute la ville se r a s s e m b la pour entendre la parole de Dieu. » (V e r set 44.) Si Paul n’avait pas cru au sab b at , il aurait f a c i l e m e n t pu leur dire de venir le jour suivant ou un autre jour pour les enseigner. Au lieu de cela, il attendit jusqu’au sab b a t suiv a n t , où « presque toute la ville », les Juifs comme les Gentils, vint écouter son message.

  Les Gentils de la ville,en a p p r enant que Paul avait reçu la c h a r ge de leur prêcher l’Év a n gi l e , « se réjouissaient en entendant cela, ils glorifiaient la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle cr u r ent » (v e r sets 45-48). Le sab b a t que Dieu avait or d o n n é était le jour habituel pour se re p o s e r , s ’ a s s e m b ler et être instruit dans la voie de vie divine .

  E nv i r on cinq ans plus tard, là où se situe la Grèce actuelle, P a u l a r riva « à T h e s s a l o n i q u e , où les Juifs avaient une synago g u e . Paul y e n t ra , selon sa coutume. Pendant trois sab b at s , il discuta avec eux, d ’ a près les Écr i t u re s , expliquant et établissant que le Christ devait souf- f r ir et ressusciter des morts. Et Jésus que je vous annonce, d i s a i t - i l , c ’ e s t lui qui est le Christ » (Actes 17 : 1-3). Ici, quelque vingt années après la m o r t et la résurrection de Jésus, la coutume de Paul était encore de se r e n d r e à la synagogue lors du sab b at , pour discuter des Écr i t u r es et prêcher sur Jésus-Chr i s t .

  Il continua d’enseigner les J u i f s , aussi bien que les Gentils : « Quelques-uns d’entre eux furent per s u a d é s , et se joignirent à Paul et à S i l a s , ainsi qu’une grande multitude de Grecs craignant Dieu, et beaucoup de femmes de qualité. » (V e r set 4.) P a u l , spécialement c h a r gé de p r ê c her l’Év a n g ile aux Gentils (Acts 9:15 Acts 9:15But the Lord said to him, Go your way: for he is a chosen vessel to me, to bear my name before the Gentiles, and kings, and the children of Israel:
American King James Version×
; 13:47 ) , enseigna ceux-ci le jour du sab b a t dans les synago g u e s .

  P l u s i e u r s années a p r è s , il se rendit à la ville grecque de Cor i n t h e , o ù il « discourait dans la synagogue chaque sab b at , et il persuadait des J u i f s et des Grecs » (Actes 18 :4). Peu a p r è s , il alla à Éphèse en Asie Mineure, où il « entra dans la synago g u e ,où il parla librement. Pendant trois mois, il discourut sur les choses qui concernent le royaume de Dieu, s’efforçant de persuader ceux qui l’écoutaient » (Actes 19 : 8 ) .

  Le li v r e des Actes fut écrit aux en v i r ons de l’an 63 de notre ère, p e u avant l’exécution de Paul à Rome, et il couvre l’histoire des trente pre- m i è r es années de l’Église du Nouveau Testament. Il montre que, d u ra n t de nombreuses années, Paul a enseigné à plusieurs re p r ises les Juifs et les Gentils pendant le sab b a t. A l o r s qu’il était l’a p ô t r e des Gentils, il ne leur a jamais laissé entendre que le sab b a t était obsolète ou in u t i l e .

  Pour aff i r mer que l’a p ô t r e Paul était partisan de l’abolition ou de l ’ a n nu l a tion du sab b at , il faut non seulement pr e n d r e ses paroles hors de leur contexte et totalement contr e d i r e ses autres déc l a r a t i o n s , mais il f a u t aussi ignorer ou déf o r mer le compte rendu écrit de Luc, témoin oculaire de l’Église à cette époque.

  L o r s des procès intentés contre lui,Paul assurait à tous ceux qui l’entendaient qu’il croyait à la loi, et n’avait rien fait contre elle ( A c t e s 2 4 : 14 ; 25 : 8). Il déc l a r ait que la loi de Dieu n’est ni ann u l é e ni abolie par la f o i , mais qu’« au contr a i r e, nous confirmons la loi » (Romains 3 : 3 1 ) .

  Voici sa conclusion : « La circoncision n’est r i e n , et l’incir c o n c i s i o n n’est r i e n , mais l’observation des commandements de Dieu est tout. » ( 1 C o r inthiens 7 : 19.) Sa déc l a r ation est sans équivoque : ce qui c o m p t e , c’est d’obéir aux commandements de Dieu. Ils sont extrêmement importants dans notre r e l a tion avec lui.

  En observant le sab b at , Paul faisait seulement ce qu’il disait aux a u t r es de f a i r e : « Soyez mes imita t e u rs , comme je le suis moi-même de C h r ist. » (1 Corinthiens 11 : 1.) Il observait le sab b at , tout comme son M a î t r e l’avait fait avant lui.

Prendre plaisir à la loi de Dieu

  C’est Paul qui a déclaré : « Car je prends plaisir à la loi de Dieu » (Romains 7 : 2 2 ) , il n’a pas dit qu’il l’abolissait. Il a aff i r mé que « la loi est sainte,et le commandement est saint, juste et bon » (Romains 7 : 1 2 ) .

  Il ne considérait pas que le Nouveau Testament remplaçait l’Ancien. À l’époque où il viv a i t , les Écr i t u r es du Nouveau Testament n’e x i s t a i e n t pas en tant que telles. Elles ne furent assemblées que plusieurs années après sa mort. Paul a cité des dizaines de fois dans ses écrits ce que nous appelons l’Ancien T e s t a m e n t , l ’ a c c e ptant pleinement et l’utilisant comme une autorité et un guide de vie (Romains 15 : 4 ; 2 Timothée 3 : 15).

  L’Église du Nouveau Testament a tout simplement perpétué les p r atiques de l’Ancien T e s t a m e n t , y compris le sab b at , mais avec une p e rs p e c t i ve et une compréhension plus pr o f ondes de leur signification spirituelle.